Le Rom@n TIC

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vendredi, juin 1 2012

Tout ça pour vous dire...

Tous étaient émus par le passé de la jeune fille. Quentin leva le nez pour regarder le corbeau qui planait au-dessus d'elle. Mais Oriana interrompit son histoire :

- Euhhh... Pourquoi nous parles-tu de ça ? Je ne vois pas le rapport avec le M...

- Tout ça pour vous dire que je m'appelais "Miyuuki", mais depuis le meurtre de mes parents, j'ai décidé de retirer "Mi", parce que ça me rappelait trop mon père, Michel, qu'on surnommait "Mimi".

Après un petit silence. Emilie prit la parole : « Mais je ne vois pas en quoi ça nous regarde, ça ! »

jeudi, mai 31 2012

Yuuki Story

Elle se lança, comme en transe :

« Mon nom, c’est Pire. A croire que je suis marquée du sceau de l’horreur. J’ai 5 ans et des poussières, mes parents sont formidables et la vie est rose. Puis,« ils » sont arrivés. Une dizaine de types en noirs armés. J’avais 5 ans et mon unique préoccupation était le repas du soir. Du sang… plein de sang. Le hurlement de douleur de ma mère Mes yeux ne voient que des scènes hachurées. Rouge. Noir. Une explosion. Le noir étoilé du ciel. Un déchirement suivi d’un cri. Celui de mon père. Rouge. Noir. Puis, le vide…

- Papa ? Maman ? murmurai-je…

Je voyais des étoiles. Je m’assis difficilement, crachai un peu de sang.

- Maman ? Papa ?

Silence déchiré par le cri d’un corbeau. Je me lève. Je retombe et quelque chose de rouge m’éclabousse. Mes mains sont sur une chose chaude, humide, gluante. Je baisse les yeux : ma mère. Mes mains d’enfant sont dans son ventre ouvert. Je suis trop choquée pour hurler, pleurer et encore moins pour penser. Mon cerveau s’est arrêté, ma vie aussi. Mes yeux écarquillés se tournent vers un mouvement d’aile. Une dizaine de corbeaux noirs se repaissent du cadavre de mon père.

- Papa ?

Bien sûr, il ne répond pas. Mes yeux bleu-ciel se teintent du rouge du sang de l’horreur. Ma bouche se tord en un sourire sadique. J’éclate de rire, les mains pleines de sang tendues vers le ciel. Je suis une démente. Je saisis le Katana que mon père avait ramené du cours d’armes.

- Je te le donnerai quand tu sauras quoi en faire, avait-il dit.

Quoi en faire ? Les venger. Je le brandis et me rue vers les corbeaux. Le premier s’envole, je le coupe en deux. Le sang gicle, je rigole. Je tue ainsi tous les oiseaux de l’enfer. Je me calme. Je tombe par terre. Mes yeux deviennent violets. Je pleure ma peine… »

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Yuuki, tu sais quelque chose ?

Aku se précipita sur Oriana pour la laver et la soigner. Il demanda une bouteille d’eau pour enlever de son visage la lettre de sang. Puis, Quentin donna à Aku non pas la trousse à maquillage mais celle à pharmacie, pour lui passer une sorte de crème sur les lacérations qu’elle avait aux poignets, causées par les cordes avec lesquelles « la chose » l’avait attachée. Elle essaya de se redresser mais elle ne tenait pas debout.

- Yuuki, c’est toi qui m’as retrouvée, tu sais quelque chose ?

Yuuki voulut parler mais ses mots restèrent longtemps coincés dans sa gorge. Yuuki incapable d’émettre le moindre son. Repensant à son passé. Puis, perdue dans ses pensées. Elle leur avait caché la vérité, elle devait maintenant tout leur dire mais…

- Tu sais quelque chose ?

Tous attendaient une explication.

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mardi, mai 29 2012

Maudits !

Au petit matin, Yuuki sortit de sa tente et s'approcha du feu éteint. Quentin, Florence et Emilie étaient eux-aussi réveillés et tentaient de dissimuler une pierre. Une pierre blanche trouvée près du feu et sur laquelle était inscrit au charbon noir la lettre M...

- qu'est-ce-que vous regardez ?

- Rien, rien.

Yuuki s'approcha du garçon et tenta de prendre l'objet qu'il serrait dans sa main mais il la lui tendit en disant : « Attention, ne l'efface pas, c'est un indice, un M. »

- Mais pourquoi un M ? s'écrièrent Florence et Emilie.

Ils reprirent en coeur :

O comme Oriana,

F comme Florence,

E comme Emilie,

M comme... comme...

Yuuki savait pourquoi mais allait-elle leur dire ?

Surgit Aku. Il avait aussi une information importante à délivrer : Oriana avait disparu ! Peu troublé, il distribua aux adolescents affolés des secteurs de recherche. Il envoya Yuuki sur la zone autour de la grotte, Florence irait avec lui jusqu'à la source, Emilie quant à elle devait arpenter les chemins jusqu'à l'ancien lavoir. Quentin avait le reste. Yuuki parcourut donc de long en large son secteur. Arrivée au pied de la grotte, elle chancela. Devant elle... non, ce n'était pas possible... La jeune fille se retint pour ne pas vomir et s'effondra, horrifiée. Dans la grotte se trouvait Oriana, attachée en l'air, les bras écartés, inconsciente. Elle n'avait aucune blessure apparente, simplement un grand O sur le visage. Un O de sang, qui venait visiblement d'un entassement de rongeurs fraîchement tués ou, pour certains, déjà "squelettisés". Yuuki réussit à se calmer un peu, reprit son souffle et hurla : « De l'aide ! » Puis, elle se releva, serra son katana qu'elle avait emmené et accroché sur son dos, et commença à avancer. Commença seulement... Derrière Oriana, sur le fond de la grotte : un gigantesque M ensanglanté.

- Non... non... ce n'est pas possible... non... pas maintenant... pas ici... non... 

Ses jambes se dérobèrent, elle se mit à pleurer. A ce moment, Quentin déboula. Il découvrit la scène : Oriana attachée, l'amoncellement de cadavres, le grand M et juste devant, sa douce et fragile Yuuki en larmes. Comme aimanté, il s'agenouilla et la prit dans ses bras. Elle enfouit sa tête au creux de son épaule. Ses pleurs cessèrent peu à peu. Lorsqu'Aku et les autres se montrèrent enfin, Oriana était détachée, et réveillée. Yuuki la consolait et Quentin surveillait les alentours.

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dimanche, mai 27 2012

De quoi craquer, vraiment

Quand Florence et Quentin furent de retour, tout était presque installé. Emilie finissait de nettoyer les abords du camp avec un outil confié par Aku, une sorte de râteau qui ne pouvait pas ne pas faire penser... à la lettre E. Oui, ce n'était que ça, une nouvelle farce de l'animateur, qui depuis le début voulait leur faire peur. On parla peu, on mangea vite et on se coucha.

Cependant, Oriana n'arriverait pas à trouver le sommeil. Elle avait un terrible mal de ventre. Elle se retenait, ne supportant pas l'idée de faire « ça » près des autres ou dans les bois, dérangée par les petites bêtes... Au bout d'un long moment, elle se décida, prit une lampe de poche et chercha un coin tranquille. Après quelques minutes de marche, un bruit la fit se retourner. Elle éclaira le chemin puis, ne voyant rien, pensa que c'était le vent. Elle se retourna à nouveau après avoir entendu un craquement. Elle sursauta et vit une ombre qui venait. Elle frémit : « qui êtes-vous ? ! Que me voulez-vous ? »

L'ombre, imperturbable, se dirigeait droit sur elle. Elle partit en courant à l'opposé, poursuivie par son pire cauchemar. Terrorisée, Oriana fonçait aussi vite qu'elle le pouvait. Les branches lui fouettaient le visage. Elle se retourna encore, glissa, sa tête heurta une pierre et elle perdit connaissance.

L'ombre la rattrapa.

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Buis et craquement

Florence, de son côté, s'aventurait dans la pénombre des buis quand soudain elle entendit… un craquement. Là, derrière le rocher... Elle s'approcha doucement et reconnut Icare en train de brouter tranquillement. Elle s'élança en courant mais trébucha sur une racine. Icare semblait la reconnaître et s'approcha d'elle, sa selle était mal fixée, que lui était-il arrivé ?

Elle décida de la lui enlever pour qu'il soit complètement libre mais elle resta bouche bée : sous la selle, une cicatrice en forme de... F ! « Il faut que je montre ça aux autres » décida-t-elle, mais Icare recula.

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L'appel de la forêt

Dans l'après-midi, ils prirent le chemin vers la "Gourgue". Après une heure de marche, ils pénétrèrent  dans un sentier où des buis empêchaient les rayons du soleil de traverser. On n'entendait que les cris des corbeaux qui les survolaient de près. Arrivés près de la source, ils virent qu'il n'y avait plus d'eau, mais Aku leur dit : « On va s'installer là pour la nuit. Au boulot, on monte les tentes !  Qui va chercher du bois pour faire un feu ? »

Florence se proposa, elle avait envie d'être seule et puis monter une tente ce n'était pas son « truc ». Ensemble, Quentin et Yuuki commencèrent à s'activer. Les autres les imitèrent, sous le regard bienveillant d'Aku. Déstabilisé par la présence de Yuuki, presque tétanisé, Quentin s'écroula soudain et s'étala de tout son long, couvert par sa toile de tente. Des éclats de rire retentirent et Quentin dissimula sa honte sous le tissu plastifié. Il eut alors l'idée de se proposer à son tour pour ramasser du bois. Yuuki le troublait. Il avait besoin de faire le point, il ne lui avait jamais dit ouvertement qu'il l'aimait. Il se doutait bien qu'elle avait des sentiments pour lui, mais il n'avait jamais rien compris aux filles. Il s'enfonça dans les couverts, sa hache en main, tandis que la nuit arrivait. Il s'arrêta dans une clairière et commença à abattre son outil sur un tronc d'arbre. Il oublia momentanément sa bien-aimée. D'un coup, la nuit était tombée, l'air se rafraichit, le vent souffla d'une ardeur nouvelle, les bruits alentours s'estompèrent. Le visage de Quentin blêmit, il frissonna, empli d'une sourde panique. Il s'arrêta un instant, et c'est là qu'elle entra dans son esprit, LA voix... D'abord très faible, puis puissante, elle l'envahit. Quentin disait : « Non, non, laissez-moi... »

La voix éclata d'un méchant rire :

- Non, Quentin, tu m'écoutes d'abord, et je pars après...

- Qui êtes-vous ?

- Tu le sais déjà...

- Partez ! Quentin criait à présent. Partez ! 

- Yuuki, susurra la voix, elle m'intéresse...

- Que veux-tu... Ordure ! Je ne te laisserai pas la toucher !

La voix l'attaqua si violemment qu'il se tint la tête à deux mains. Oubliant sa hache, il courut, ou plutôt tituba, griffé par les ronces qui se trouvaient sur son passage.

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vendredi, avril 6 2012

Oh !

Bizarrement, Oriana n’était pas préoccupée par les habits qu’elle devait emporter. Elle sortit discrètement de sa poche… le médaillon qu’elle avait trouvé la veille, et le regarda en pensant à ce qu’elle avait vu dans l’après-midi : un "O", en gras, sur un panneau. Elle aurait aimé en parler à ses compagnons, mais ils ne la croiraient pas. Elle avait peur !

- Euh… Les amis…

- Oui ? demanda Yuuki.

- Vous savez, le médaillon de la salle de musique…

- Oui ! Et qu’a-t-il ?

- Eh bien, tout à l’heure, j’ai vu un panneau en rapport avec ça.

- Ah bon ? Un… panneau ?! fit Quentin étonné et intéressé.

- Oui ! Sur le panneau qui indiquait le lavoir, le "O" était plus gros que les autres lettres, et il était en gras.

- Je vois le rapprochement avec ton prénom, pas avec le centre ! « réflexionna » Quentin.

- O… riana… O… FEMQ ! s’écrièrent les autres, qui venaient de comprendre.

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Retrouvailles

Ils furent vite rentrés au centre, pressés par Aku. Dans la chambre, tous s’activaient tout en étant rêveurs. Quentin préparait ses affaires et pensait au séjour qu’ils allaient passer en forêt, à la nuit sombre, aux loups, au bruit assourdissant qu’il y aurait peut-être encore. Il était impatient ! Il pensait aussi qu’il pourrait encore se rapprocher de Yuuki. Yuuki était à présent "loin" de lui. Elle avait pris pour garnir son sac les premières choses qui lui étaient venues et soudain, entre deux blues jeans, un morceau de tissu, qu’elle avait reconnu : son katana. Cela faisait déjà longtemps qu’elle ne l’avait pas vu, eu entre les mains. Elle se rappela que c’était son porte-bonheur de toujours, celui qui l’avait aidée toute ces années. Elle pensa qu’elle ne le quitterait jamais plus, elle le cacha dans son sac. Quand ses yeux croisèrent ceux de Quentin, elle lui "transmit" de ne rien dire, de ne poser aucune question, enfin, pas pour l’instant.

Des questions, Emilie s’en posait : Pourquoi avait-elle était attirée par l’OFEMQ ? Pourquoi avait-elle fuguée ? Et les autres, pourquoi étaient-ils là ? Etait-ce dû au hasard, à une pure coïncidence, ou prévu de longue date, qu’ils atterrissent dans ce centre ?  Puis, elle songea à Niggi, son « écharpe ». Où était-il, avait-il faim, soif, était-il blessé, avait-il besoin d’un bisou magique de maman ? Avant d’avoir  totalement bouclé sa valise, qui était remplie de diverses chaussures de marche, de gourdes et d’autres trucs pour le camping, elle alla voir derrière la porte. Elle parla à Niggi sans s’en apercevoir : « Mon p’tit bichon, ça va ? » (En lui tapotant sur l’épaule). Puis soudain elle réalisa qu’elle l’avait retrouvé ! « Ne t’inquiète pas Niggi, accroche-toi au cou de maman… » Elle retourna dans la chambre avec son serpent sous son tee-shirt, puis le glissa dans son sac en manquant de le coincer dans la fermeture Zip.

Florence n’avait pas la chance d’Emilie. Soucieuse devant la fenêtre, elle se demandait si elle allait revoir Icare. Elle l’espérait. Tout, la forme des arbres, lui rappelait ce cheval… qui lui rappelait celui de ses grands-parents.

Quant à Oriana…

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samedi, mars 31 2012

Un lavoir à voir

Le lavoir avait l’air vieux et usé. Quatre piliers soutenaient un toit de tuiles recouvertes de mousse. Mais en se rapprochant, on remarquait que les murs brillaient : des éclats de lumière jaillissaient des trous entre les pierres mal jointées. Devant cette beauté scintillante, Yuuki ouvrit de grands yeux émerveillés et tapa du coude Quentin pour lui montrer cette lumière émergente. Quentin suivit la direction que Yuuki lui montrait du doigt. Lui qui aimait tant le noir, il en était ahuri. Revenant sur terre en entendant le groupe s’amuser à s’éclabousser, Quentin attrapa Yuuki par le bras, la fit sauter sur son dos et courut jusqu’au lavoir… dans lequel il la jeta ! Florence était un peu en panique en voyant tout le monde sauter partout. Aku la prit par la main et ils allèrent tous les deux se baigner. Emilie enleva son haut car elle, si on exceptait les voitures, elle n’avait peur de rien. Aku cria et lui dit de le remettre illico presto. Emilie n’avait simplement pas envie de le remettre et s’amusa à couler Yuuki et Quentin. L’animateur dit aux jeunes d’en profiter : ils ne se laveraient plus pendant longtemps, ou alors sous la pluie, car cet après-midi ils partiraient pour plusieurs jours dans les bois.

Sur une colline, l’ombre regardait les jeunes s’éclater. Elle était écœurée. Elle poussa un cri perçant horrifiant qui les fit se taire. Ils plongèrent tous dans l’eau en même temps. Aku veillait, mais l’ombre en colère se déplaça d’ombre d’arbre en ombre de maison et réussit à se retrouver près d’eux. Quand ils ressortirent la tête hors de l’eau, elle put, par un des trous du pilier derrière lequel elle s’était cachée, dévisager toute cette jeunesse : ils tremblaient ! Pour les rassurer, Aku leur expliqua que ce bruit n’était qu’une sirène pour réveiller les gens de Saint Antonin le dimanche, et on ne savait jamais à quelle heure.

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Jeu de (hors) piste

Le lendemain, après que les jeunes aient pris leur petit-déjeuner, Aku, de bonne humeur, leur proposa un jeu de piste dans Saint Antonin. Le départ était Place de la Halle, grande, grise, à côté d’une pizzeria et d’un café où des jeunes se faisaient virer. S’ils parvenaient à rejoindre les différents points en un temps record, ils auraient à chaque fois une récompense.  Et le jeu… avait débuté ! D’abord, le lavoir, à atteindre en une demi-heure, et comme il faisait déjà très chaud malgré l’orage d’hier, ils pourraient s’y baigner. On devait passer devant une station-essence, puis une boulangerie, et tourner à droite d’un parc « pas comme les autres ». Aku dit que là-bas les balançoires bougeaient toutes seules, même sans vent. Les jeunes se dispersèrent dans le village.

Oriana emprunta quelques sombres rues du labyrinthe, puis déboucha sur une rive du Tarn. Le sol en béton était recouvert d’un tapis de mousse verte. L’humidité était très présente et elle pensa que l’atmosphère qui régnait ici était propre à un lieu de crime. Elle tenta tout de même de s’approcher de la rivière, presque stagnante. Elle descendit la marche et se trouva à quelques centimètres de l’eau trouble. Elle ne voyait pas le fond. Elle imagina des choses effrayantes qui devaient se cacher là-dessous. Pourquoi pas une carrosserie de voiture, avec peut-être un squelette en décomposition ? Ca aurait plu à Quentin… Où était-il, d’ailleurs… ? Avec Yuuki ?

Emilie et Florence étaient parties ensemble. Quand elles passèrent devant la boulangerie, elles tombèrent la tête la première ! Dès qu’elles se relevèrent, elles se remirent à courir, courir dans la rue d’Encassé, jusqu’à l’emplacement de l’aire de jeux. Au tourniquet, Florence commença à paniquer : il tournait hyper vite et raflait le gravier au sol ! Emilie sauta sur la machine infernale en entrainant Florence. Le rythme ne cessa de s’accélérer. Le tourbillon faisait s’envoler les petits cailloux, les transformant en dangereux projectiles.  Emilie cria comme une malade : « On va mourir !  Il faut arrêter ce machin ! »

- Mais non !!! C’est trop bien !!!

- Arrête, je crois que mon petit-déj remonte !!!

Le manège finit par s’immobiliser tout seul. Au même moment, Oriana arriva en sautant à pieds-joints, ridicule. Emilie et Florence se moquèrent d’elle. La susceptible Oriana commença à les « insulter » : « Vous n’êtes pas gentilles !!! Si vous saviez ce que j’ai vu… » Les deux filles ricanèrent de plus belle. Oriana se vexa. Elle sortit vite du parc, tête baissée, et se cogna… à Quentin. Désagréablement surpris, il la bouscula encore plus. Et la gentille Yuuki, juste à côté de lui, ne la défendit pas. Aku déboula, tout excité, très mécontent : vous n’avez pas été capables de trouver le lavoir, vous préférez jouer à des jeux de bébés ou à la guéguerre ! Pourtant, il est à deux pas d'ici !

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Mais qu'attendait-elle ?

Cette nuit-là, dans la forêt, les feuilles volaient, les arbres craquaient et là, au milieu, une silhouette restait immobile. Une simple lumière l’avait faite se lever de la pierre où elle était assise et maintenant elle restait immobile. Les pieds dans un mélange de feuilles, de brindilles et de boue. De temps à autre, elle marmonnait des mots incompréhensibles. Elle maudissait la pluie, les éclairs, et même la vie. Elle dut bouger légèrement deux ou trois fois car il pleuvait trop, mais elle n’avait pas l’air de craindre le froid, et les éclairs ne la faisaient pas sursauter.

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vendredi, mars 30 2012

Rapprochement (2)

Ni Aku ni Melvyn ne réapparaîtrait de la soirée mais un « délicieux » repas avait été préparé, que les jeunes avalèrent. Ils étaient épuisés après toutes les émotions de la journée et allèrent vite se coucher. Quentin se glissa dans son sac de couchage. Tandis qu’il s’endormait, ses pensées voguèrent vers Yuuki, toujours installée dans le lit le plus haut. Si loin de lui ! De son côté, alors que Morphée la prenait dans ses bras, Yuuki pensait à Quentin. Elle était encore troublée par la "discussion" de l’après-midi. Soudain, elle sentit son corps basculer dans le vide… et elle s’écrasa sur Quentin ! Il sentit comme un poids sur son ventre.

- Yu… Yuuki ?

Le rouge monta aux joues de l’adolescente… qui remonta discrètement dans son lit. Quentin avait sorti sa lampe de poche mais trop tard.

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C'est quoi, le truc ?

Dans le petit auditorium, Aku, à bout de nerfs, avait entrepris de ranger le violon mais ne trouvait pas son étui. La nuit tombait. Il grinça des dents, s’attrapa les cheveux, et ses yeux devinrent presque noirs. A ce moment-là, Melvyn déboula, rit en parlant de deux tourtereaux croisés dans le couloir, puis chuchota à l’oreille de l’animateur : « C’est l’heure. » Ils s’en allèrent en laissant les filles dans la salle de musique, sans un regard. Elles n’eurent pas le temps de se demander ce qui se passait. En s’arrangeant les cheveux, Florence s’aperçut que la broche héritée de sa grand-mère avait disparu. Affolée, elle commença à chercher dans la pièce. Oriana et Emilie, surprises par son comportement, voulurent comprendre :

- Pourquoi tu t’agites comme ça ?

- Mmm… ma… ma broche ! Où est ma broche ?!

- Quelle broche ?

- Celle que ma grand-mère m’a léguée !

- Calme-toi, on va la retrouver, on va passer la salle au peigne fin !

Emilie, la plus courageuse, se mit à fouiller dans les endroits les plus sombres et humides, Oriana et Florence restèrent où c’était éclairé et propre. On chercha aussi dans les instruments et leurs supports, dans leurs étuis… Dans celui du violon qu'avait maltraité Quentin, Oriana vit soudain quelque chose qui brillait : une chaine en or !... au bout de laquelle était accroché un médaillon ancien et poussiéreux. Il portait des écritures inconnues. Pas intéressant. Mais quand ses deux amies s’approchèrent du bijou, elles l’examinèrent attentivement et remarquèrent les cinq lettres du milieu. Yuuki et Quentin avaient rejoint le groupe. Ces lettres semblaient à tous familières… Bientôt, en les mettant dans un certain ordre, ils composèrent… le sigle du centre : le fameux OFEMQ !

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Rapprochement

Bouleversée, Yuuki éprouvait… une joie intense. Elle en était certaine maintenant : ils étaient proches. Lui aussi était sensible, il venait de lui révéler sa face cachée. Elle se ressaisit, elle l'entraîna dehors et il se laissa faire, déboussolé : on aurait dit un corbeau tombé du nid. Comme s’il avait lu dans ses pensées, il lui rétorqua : « Et toi, on dirait une poule qui a trouvé un corbeau ! » Yuuki rougit et baissa la tête. Quentin la regarda, troublé. Il ne savait comment s’y prendre. Elle le devina, se redressa, scruta son visage et son torse musclé. Sa fragilité brutale l’inquiétait et l’attirait. Quentin suivait son regard, sans comprendre. Tandis qu’ils échangeaient ces regards silencieux, une boule se forma dans son ventre. Quelque chose qu’il n’avait jamais ressenti. C’était puissant et doux. Yuuki, ça coulait sur la langue comme du miel, Yuuki. Il avait lu cette formule dans un livre mais cette fois-ci, c’était vrai. Bleus, les yeux de Yuuki évoquaient à Quentin une mer d’étoiles perdues dans le ciel immense.

- Merci, murmura la jeune fille.

- Euuuuh, je… de… de rien, bégaya Quentin.

- Ecoute…

- …

- Je… C’est la plus gentille chose qu’on m’ait dite.

Quentin sentait la pression monter.

- Qu’est-ce que tu veux ? demanda-t-il soudain sur un ton agressif.

- Qu’est-ce que, quoi ? balbutia-t-elle.

- Tu m’as dit de venir ou non ?

- Oui, je t’ai dit de venir ! Et ce n’était absolument pas pour que tu me cries dessus !

- Je crie, moi ?!

- Oui ! hurla Yuuki. C’est… C’est… Tu es ignoble !

- Comment ?!

Les yeux de la jeune fille se teintèrent de rouge, un corbeau passa derrière la fenêtre. De gros nuages s’amoncelaient dehors.

- Abject personnage ! Je pensais que… Oh, laisse tomber ! Va-t’en.

A l’extérieur, la pluie ruisselait, le ciel tonnait. Une rafale de vent ouvrit la fenêtre et le déluge trempa les deux adolescents. Quentin resta là, sous la pluie battante, à regarder les joues mouillées de Yuuki et pas seulement à cause de l’averse.

- Ecoute…

- Non, laisse-moi !

Elle se détourna mais il l’agrippa par le bras.

- Je suis un imbécile, je… Pardonne-moi.

Il avait un air de chien battu. Pour toute réponse, Yuuki le gifla… et se blottit contre lui, sa tête contre son épaule. Quentin la serra dans ses bras, son nez humant le parfum capiteux de ses cheveux. Ils restèrent ainsi longuement, sans rien dire. Puis chacun murmura, en même temps, le prénom de l’autre…

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jeudi, mars 15 2012

La musique adoucit les meurtr...

Quentin, lui, marchait seul, comme toujours… Des idées noires germaient dans son esprit. Cela faisait trop de temps qu’il n’avait pas fait quelque chose de mal, une mauvaise blague, comme poser un seau d’eau sur le haut d’une porte… Il marcha rapidement vers la chambre commune. Là-bas, il y chercha des ballons de baudruche noirs ou des boules puantes, mais ne réussit qu’à faire tout tomber de sa valise, tout, même le double-fond. Sa guitare électrique au sol, sa précieuse, brisée ! Mais malgré cela, il sourit. Peut-être pouvait-il être un autre ici, quelqu’un de bien, c’était comme une nouvelle chance… Au même moment, Melvyn passa en pleurs dans le couloir. Quentin, surpris de le voir dans un tel état, l’appela en se précipitant hors de la chambre… Malheureusement, celui-ci avait disparu. Soudain, une lumière attira le jeune homme. Elle venait d’une salle isolée des autres. Il s’y aventura. Quand il entra dans la pièce, son visage anxieux se transforma : un sourire des plus radieux, qui le rendait presque beau. C’était une ancienne salle de musique, décorée dans le style du XVIIème siècle. Un violon. Il attrapa l’archet et se mit à jouer. Les filles ne tardèrent pas à arriver. Quentin, heureux, continua à jouer tout en fermant les yeux pour ressentir l’émotion.

En l’écoutant, elles commençaient à changer d’opinion sur lui. Il était peut-être gentil et sensible, son côté dur n’était peut-être qu’une carapace. Après avoir joué mélodieusement pendant cinq bonnes minutes, Quentin se mit à trembler. Il n’avait pas touché un violon depuis son enfance, et un terrible souvenir lui revenait en tête. Quand il était tout petit, sa maman, très grande musicienne, lui avait donné ses premiers cours. Il avait vite acquis un bon niveau, il arrivait à faire passer ses émotions dans la musique. Quand il entendait son père battre sa petite sœur, il calmait ses nerfs en jouant du violon. Quelques années plus tard, sa mère était partie et il était en train d’apprendre un nouveau morceau, son père frappa sa sœur plus violemment que d’habitude. Il devait réagir, maintenant. Il posa son violon, prit un couteau, arriva derrière son père et, pour qu’il la lâche…           

Aku, dans sa chambre, lisait un de ses mangas préférés. Le cri strident d’un violon très mal accordé (ou joué) déchira le silence paisible du centre. Que se passait-il ? Avait-elle été découverte ? Il se leva, courut jusqu’à la "fameuse" salle. Aku y trouva les filles et… Quentin en train de massacrer une mélodie de Bach. Les filles se bouchaient les oreilles et hurlaient  des : « Arrête ! », « Tais-toi ! » qui rajoutaient une couche de bruit. Aku, en tant que bon animateur, se jeta sur Quentin, lui arracha l’instrument de torture et s’écria :

- C’est quoi ce raffut, espèce de malade ! Tu vois pas qu’y a quatre demoiselles qui en peuvent plus !

L’animateur était furieux. Il ne se contrôlait plus. Le fautif sortit de sa transe. La première chose qu’il vit fut les yeux en larmes de Yuuki. Avait-elle tellement aimé qu’elle en pleurait ?

- Regarde la catastrophe que tu produis !

- …

Quentin ne comprenait plus. Personne n’avait aimé ? Même pas sa belle Yuuki ?

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L'ombre

Depuis les hauteurs du Calvaire, une ombre observait les adolescentes. La fille semblait s’être remise de sa mésaventure du matin, cependant "il" sentait qu’elle était encore troublée. Parfait, pensa-t-il. Bientôt la peur s’installerait sur ce petit groupe dérangeant, prendrait de l’ampleur, jusqu’à ce qu’il passe réellement à l’action et à leur annihilation totale. « La petite, dit-il en observant Florence, c’est elle, c’est elle dont il faut que je m’occupe en premier ». L’ombre se déplaça lentement sans faire de bruit, afin de se positionner face à sa proie. « Oui, tu auras peur, tu souffriras comme j’ai souffert. Cette fois-ci, cela marchera. » Il aperçut Aku derrière une fenêtre. « Toi aussi, je t’aurai. Tu paieras en dernier. » Il laissa échapper un grognement étouffé… que les filles entendirent. Après avoir jeté des regards inquiets, surtout Florence, elles pensèrent que c’était le vent. Un sourire passa rapidement sur son visage, il perçut un sifflement tout près de son oreille : celui d’un cobra désenvenimé, gris, au magnifique ventre jaune. « Bientôt, bientôt » susurra-t-il. La silhouette sourit encore et s’éclipsa.

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Jardins secrets

Pendant ce temps, les filles étaient descendues au jardin. Assises sur une belle nappe à carreaux, elles contemplaient les alentours. Le soleil illuminait le paysage pour les jeunes admiratrices de la nature (même Oriana trouvait ça sublime). Une belle maison aux volets bleus se dressait devant elles, laissant grimper le lierre sur les vieilles pierres.  Quelques feuilles jaune orangé se craquelaient en tombant sur l’herbe verte. Un peu plus loin, des centaines de fleurs créaient une merveilleuse et douce explosion de couleurs, et les parfums de lavande, de menthe, de thym et de romarin embaumaient l’air. C’était calme. Même les oiseaux ne chantaient plus, pour faire place au silence.

- Euh… Que pensez-vous de Quentin ? hésita Yuuki.

- Ne me parlez pas de lui, il est répugnant ! répondit violemment Oriana.

- Il n’est pas répugnant, il est bizarre, c’est tout ! s’exclama Emilie.

Yuuki baissa le regard. Elle pensait que ce garçon était plutôt sympathique, mignon, branché… Surtout, elle avait l’impression de le connaitre depuis toujours, comme s’ils étaient frère et sœur. Elle l’aimait énormément. Elle se leva, se retourna vers les filles : savaient-elles où il se trouvait ? Personne ne savait.

Florence était restée à l’écart. Elle se demandait comment allait Icare, qu’elle avait laissé à la monitrice sans rien dire de sa blessure. Elle aurait dû se confier… le confier à quelqu’un pour qu’il ait des soins médicaux… Ca risquait d’enfler, de s’infecter, alors l’animal ne pourrait plus marcher… ou il mourrait sous peu. Paniquée, elle ne savait plus quoi faire. Elle voulait partir, elle ne voulait pas que son propriétaire abatte Icare, il était si beau, il avait si belle allure, mais les autres se douteraient de quelque chose. Elle essaya de réfléchir puis, plus rien, plus d’idées, rien que la vision de son ami souffrant.

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"Ce jour-là"

Le programme de l’après-midi était simple : les jeunes avaient quartier libre. Comme beaucoup d’entre eux le questionnaient déjà sur le repas du soir, Aku alla en cuisine… pour établir la liste des courses. Il y avait des bruits bizarres, il se dirigea vers le four : la porte tremblait. Il avait cru que Melvyn en sortirait tout seul mais le four ne s’ouvrait que de l’extérieur.

Une fois dehors, Melvyn, couvert de graisse, cria : « Mon neveu, tu m’as libéré ! »

Il allait prendre Aku dans ses bras…

- Non mais t’emballe pas, cousin. Va d’abord te laver.

Melvyn s’enfuit en courant, au bord des larmes. Aku le rattrapa, s’excusa pour son comportement et ses paroles malheureuses, mais il ne pouvait pas s’empêcher de penser à ce qui s’était passé « ce jour-là », quand ils étaient enfants. Maintenant, ils étaient ici, tous les deux, et pendant deux secondes il y eut un blanc. Puis tout s’emmêla dans la tête de Melvyn : il essayait de se souvenir mais en vain. Enfin, le calme le submergea, il repartit en trainant les pieds, rempli de confusion. Aku ne le retint pas, il savait tout mais ne pouvait rien lui dire… Ce n’était pas le bon moment, Melvyn ne pourrait pas le supporter, il n’était pas prêt. Le pauvre homme s’en alla marcher dans les couloirs, comme pour évacuer une émotion trop forte.

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jeudi, mars 8 2012

L'oubli dans les boulettes de riz

Aku appela les adolescents pour le repas. Chacun sortit de son sac… les fameuses boulettes de riz. Oriana en croqua une à pleines dents… et la recracha dans un :

- «  Beeuurrrkkk !!! Quelle horreur ! Il y a de la confiture à l’intérieur ! »

Florence et Emilie pensaient exactement pareil, mais n’avaient pas fait de remarques par politesse. Yuuki, elle, se régalait. Quentin aussi. Même si ce dernier crevait de jalousie. Aku avait fait quelque chose qui plaisait à Yuuki alors que lui, il n’arrivait même pas à la regarder. Après la pause, ils repartirent et ramenèrent les chevaux au centre équestre. Chacun fit un adieu à son cheval et à Anna, la remerciant chaleureusement pour cette magnifique balade. Heureusement, Florence avait réussi à remettre Icare sans que la monitrice s'aperçoive de sa blessure. Tout le monde rentra sans un autre incident.

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