L’après-midi donc, John, un peu stressé, s’installa dans le confessionnal. Il était seul, c’était calme et il détestait ça. Durant ces quelques mois, il avait passé tout son temps à travailler. Lola lui manquait et l'activité lui permettait de ne pas sombrer dans la dépression. Ça l’occupait. Mais là, dans le confessionnal, il ne put s’empêcher de penser à elle. Lola, sa Lola, sa si belle Lola, mais où était-elle… Une larme coula le long de sa joue, il l’essuya d’un geste sec. Eh, Man, tu vas pas chialer, t’es un homme… Il passa ensuite des heures à écouter les lamentations des habitants, où plutôt, à ne presque pas les écouter, à sommeiller, il ne prenait même pas la peine de les conseiller. Ça ne s’arrêtera jamais !
- Allez-y, je vous écoute.
- Je… je ne sais pas trop par où commencer, monsieur…
Cette voix…
- N’ayez pas peur, vous pouvez tout me dire.
- Je ne suis pas croyante.
- Bon.
- Je trouve que les églises puent.
- Pourquoi pas…
- Et ici on se caille !
- Je l’ai toujours dit. Mais il ne faut pas leur en vouloir, ils ne connaissent pas encore le chauffage.
- …
- Oui, bon, vous non plus, c’est vrai, que je suis bête !
- Je suis un peu perdue…
- … ?
- Oui, parce que je ne suis pas d’ici.
- …
- Pas de cette époque, quoi.
- …
- Je suis seule dans une autre époque. Les miens me manquent… John me manque.
Ce n’est pas possible, une coïncidence, t’excite pas, c’est pas elle…
- Je l’aime, vous savez.
John avait le cœur qui battait à mille à l’heure. Pas possible, pas possible, pas possible…
- Vous ne dîtes rien ?
- Je…
- Je savais que je n’aurais pas du venir, moi-même je me demande parfois si je ne deviens pas folle. Je vais y aller.
- …
Elle se leva et se dirigea vers la sortie. Avant de partir, elle se retourna et dit : « Au fait, Amen ! » Elle sourit et disparut. C’était elle, c’était Lola. Il l’avait reconnue, ça ne pouvait pas être une coïncidence. Et maintenant, qu’est-ce que tu fais ? Cours !


