Il ne rentrerait pas tout de suite, sa mère serait contente, il pourrait lui raconter qu’il avait fait une graaaande balade. Malin, le type. Il se trouvait à présent au niveau du grand immeuble de verre qui servait de siège à l'Organisation des Nations Unies, quand il tourna son regard de façon brutale, typique de son caractère impulsif, vers l'eau sale de l'Hudson River. Il contempla le fleuve longuement, immobile du haut de son mètre 88, puis reprit sa marche. Il déambula sur les quais, les yeux maintenant dans les nuages, son esprit accaparé par de folles idées sur la piraterie. Il songeait aux incroyables aventures qu’il aurait pu vivre s’il était né à une autre époque. Le coucher de soleil était magnifique, et en plein milieu de cette petite boule de lumière rougeâtre se distinguait une statue de femme bien connue, le poing levé brandissant une torche. C'était un cadeau de la France, son pays natal, aux Etats-Unis. C'était, certes, une oeuvre d'art. Mais pour John c'était surtout le témoin direct d'un temps où toute personne qui faisait preuve d'un peu de courage et de détermination pouvait vivre des aventures extraordinaires, comme passer des journées entières sur des mers déchaînées, disputer des duels épiques, héroïques, et devenir ainsi le roi des océans... le roi des pirates. C'était ce que lui, John Bordas, pirate imaginaire et terreur des bacs à sable, serait devenu s'il n'était pas né à une époque où toute personne se démarquant de la normale était traitée de racaille ou de délinquant. Continuant d'imaginer ses folles épopées, il poursuivit sa route sans plus accorder un regard à la Statue de la Liberté et arriva à Central Park, cet immense espace vert en pleine mégalopole.
Le Rom@n Tic › John Bordas - épisode 2
New York, son métro, ses taxis fous...
Par Mme Belaygues le mardi, mars 22 2011, 14:20
Il décida de prendre le métro pour aller au centre ville. Il descendit les escaliers crasseux. Il arriva dans le tunnel. C’était vide mais ça, il ne savait pas pourquoi. Ca puait l’essence. Il entra dans un wagon. Il y avait trois filles avec des poitrines très généreuses. Le métro démarra… et bientôt s’arrêta. Une panne. Coincés entre deux stations. La rousse commença à pleurer car elle était claustrophobe et pour la calmer on devait lui faire un câlin. John se sentit un peu obligé, il s’exécuta. Mais le métro repartit brusquement et il tomba sur la fille ! A la sortie du métro… ils sortaient ensemble. Si ça pouvait être vrai…
Tout seul, John traversa la route sans regarder. Un taxi freina, il sauta sur le capot, passa par-dessus le véhicule. Le chauffeur déjà dehors cria partout avec son téléphone à l’oreille. John se retourna et vit la police derrière lui, et en voulant s’enfuir se prit un poteau. Les gens qui avaient été témoins de l’accident se regroupèrent autour du jeune homme à terre, inquiets : « Pourvu qu’il n’ait rien de bien méchant… ». Il n’avait qu’une bosse mais on appela les pompiers pour l’amener à l’hôpital psychiatrique où l’on ferait une analyse de son état mental : le jeune homme disait n’importe quoi, s’imaginait qu’il était poursuivi par la police.
Une fois à peu près remis sur pied, avant l'arrivée des pompiers, John recommença à courir. En chemin, sa mère l'appela. Il ralentit sa course, lui dit qu'il était en route, tandis que des dealers s'approchaient de lui. Sa mère qui entendait des voix graves d'hommes lui demanda : « Qui c'est ? » Il lui répondit que c'était juste des amis et raccrocha. Les dealers lui proposèrent de la drogue mais John n'y tenait pas, sa drogue c'était ses jeux vidéo, il fonça au magasin.
Au DVD Game, John regarda les jeux pendant plus de 1h30. Sa mère lui avait donné 50 dollards. Il regarda au rayon « War » car il aimait la guerre mais il ne savait pas quoi prendre. Alors il demanda des conseils au vendeur, mais celui-ci ne trouvait pas ce qu’il espérait. John disait toujours : « Non. » « Non, je l’ai déjà. » « Non, j’aime pas. » Au bout d’un long moment, il découvrit le jeu idéal : Battles in the Seas, et juste à côté toute la collection, les 1 – 2 – 3 – 4 et 5 réunis, sauf que c’était interdit aux moins de 18 ans, sa mère les lui confisquerait. Il les acheta quand même et sur le chemin du retour, comme il voulait absolument les garder et qu’il était intelligent, il décida de découper le signe – 18. Malin, le type.
jeudi, février 24 2011
Seul au monde
Par Mme Belaygues le jeudi, février 24 2011, 17:48
Le garçon passait des heures et des heures devant un écran et cela déplaisait fortement à sa mère. Ma mère ? Quelle mère ? Je l’ai tuée depuis longtemps. Quand j’avais deux ans. Trois coups de hochet sur le crâne et c’était fini. J’ai fait pareil avec tous les autres : mon père, mon frère, mes trois sœurs, mémé, tata, tous les autres de la famille et tous les habitants de New York… Je suis seul au monde ! Oui, John Bordas était seul au monde, il était seul au monde au milieu de toute une foule qui se pressait sur les trottoirs, seul dans ses délires. Je vois ces gens, ils ont l’air heureux, ils ont l’air de profiter de la vie, ils sont passionnés par le fait d’être dehors, ils sont tous à plusieurs, je me sens seul, si seul ! Je marche, je ne comprends pas ce monde. Dans ma tête, je ne vois rien, c’est indescriptible. J’ai vraiment l’impression de vivre quelque chose de faux, comme dans un rêve. Je me pince… Aïe ! Je suis vraiment dans la réalité. Et maintenant tous ces gens qui me regardent « bizarre ». C’est un sentiment monstrueux !
John monta sur son skate et commença à slalomer entre les passants. Il évita de justesse un homme en costard – cravate noirs qui s’apprêtait à entrer dans un building. Il s’imagina déjà que l’homme transportait une bombe dans sa mallette, préparait un attentat. Les immeubles étaient tellement grands qu’il pensa qu’ils allaient lui tomber dessus. Même réveillé et debout, John rêvait toujours.
Ramer, ramer, ramer
Par Mme Belaygues le jeudi, février 24 2011, 16:35
Il se réveille quelques heures plus tard. Il découvre les décombres de son navire et pense directement qu’il pourrait construire une petite barque. Le jeu consiste donc d’abord à fabriquer sa barque. Puis, partir : ramer, ramer, ramer… Le personnage arrive ensuite par pur hasard sur une île immense : Alabasta. Il doit y trouver de quoi se rassasier, le moyen de se faire péter la panse, puis chercher un équipage, construire un bateau plus grand et repartir, faire évoluer son équipage… Pour passer au niveau suivant, John doit se rendre à la taverne, pour parler au barman dans l’espoir qu’il lui propose une quête. Après quelques minutes de marche, il voit l’écriteau avec le nom de l’auberge : Le poney qui tousse. Il entre mais le barman n’est pas là. John se renseigne auprès du personnel. Il apprend que celui-ci est descendu à la cave et malheureusement la porte menant au sous-sol est fermée à clé. Celui qui pourrait l’ouvrir est un pirate alcoolique et très musclé.
- John ! L'électricien est là et il va couper le courant...
- Oh, non !
Et là, le courant s'arrêta net.
- 'Man ! Je ne peux plus jouer, là !
- Tu n'as qu'à aller faire un tour, tu ne sors jamais. Va t'acheter... un jeu vidéo !
L'aventure débute sur terre...
Par Mme Belaygues le jeudi, février 24 2011, 16:28
Mais avant ce voyage dans l’espace, l’aventure débute sur terre, sur une petite île déserte. Le capitaine John Bordas se retrouve là après un naufrage, inconscient.
Le grand John Bordas était au sommet de sa puissance, à bord de son navire, le Moby Dick. Mais lorsque la flotte de Barbe Violette, forte de sa dizaine de galions, l'attaqua, le Moby Dick dut s'incliner. Barbe Violette profita de la faiblesse d'un équipage fatigué par la fête de la veille après une victoire sur l'un des grands capitaines corsaires pour attaquer le bateau en pleine nuit. Le Moby Dick tout entier se mit en mouvement, mais les hommes de John Bordas qui d'habitude n'avait besoin que deux minutes pour se mettre en position avaient déjà pris beaucoup de retard et ne purent se défendre efficacement. Après une bataille acharnée jusqu'à l'aube, le Moby Dick dut se replier dans des mers agitées. La tempête fut terrible. Quelle fin de semaine pourrie, avec un abordage le jeudi et cette – bip – de tempête le vendredi. Des éclairs frappèrent le navire, des vagues déferlèrent... John perdit bientôt trois de ses meilleurs compagnons et son perroquet Paco quand, après un choc violent...

