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Le Rom@n Tic › Xavier - Saisons 1, 2 et 3

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jeudi, février 10 2011

Ouvrez-moi !

Quant à Ice...

Ils m'ont enfermé, ces sales flics ! Ils ont réussi à m'avoir, z'y-va ! Dans une piaule qui pue la mort... Me prennent pour un chien ou quoi ?! Je sors de là, j'leur... On enferme pas Ice sans conséquences ! Je pète un câble, là ! Combien de temps je vais rester là ? Combien ?!

Il s'avança vers les grilles de la prison et les secoua violemment :

- OUVREZ-MOI ! Cria-t-il, hors de lui.

Le jeune policier qui gardait la prison était mort de peur, il se cachait pour que Ice ne puisse l'apercevoir. Ce gars est fou, pensa-t-il en se cachant un peu plus. Ice cessa soudain de hurler, découragé : « J'vais clamser dans ce trou, l'ennui ! Y'a même pas de nanas à mater ici. Et la télé ? Y a même pas la télé ?! » Et il recommença son boucan, longtemps, jusqu'à plus de minuit. Le policier s'était depuis longtemps enfui.

Fin...

Lire la nouvelle histoire : saison 3 et demi !

Pensées en cellule

A présent, Xavier était là, dans un coin de sa cellule, replié sur lui-même, renfermé, même. Il y a parfois des moments où il est bon de s'isoler, et de réfléchir un peu. Jusqu'à présent, Xavier ne choisissait pas : il était seul. Et malgré cette solitude, il n'avait jamais pris le temps de penser. Encore une fois, il était seul, et toujours contre son gré. Mais cette fois la situation était différente : pire qu'avant. Alors, sans s'en rendre compte, Xavier pensa. Voilà où j'en suis. Je voulais juste qu'on remarque mon absence. Faire sentir un vide que j'aurais laissé. Et puis le phénomène a pris de l'ampleur, détonateur.

Nick, également en prison, ne contempla plus dans le miroir sa merveilleuse image de beau gosse...

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Arrestation

L'inspecteur et les deux amies partirent à la recherche de Xavier, Nick et Ice. Direction : le parc. Gaïa, qui avait du mal à suivre, demanda à Lemay de ralentir, tandis qu'Albert Victor marchait à toute allure. Quand ils furent dans Belle Vie, Albert monta les quelques marches qui permettaient d'atteindre le plus haut sommet du parc. Là, immédiatement, il vit les trois garçons qui semblaient se disputer. Il courut vers eux tout en appelant des renforts. Il se cacha derrière un grand chêne jusqu'à l'arrivée des gardiens de la paix qui furent là à peine 5 minutes après. Les trois jeunes furent arrêtés sans même savoir par quoi. Sur le trajet vers le commissariat, M. Victor annonça la funeste nouvelle : la mort de la mère de Xavier.

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Parmi les décombres...

Après plusieurs interventions de la voisine apeurée, les pompiers étaient arrivés et avaient éteint le foyer dangereux. Ils appelèrent la police quand l'un des leurs découvrit parmi les décombres des restes calcinés. On avait fait appel au médecin légiste de la brigade pour identifier la victime. Ce petit homme avait le teint livide et ses cheveux blancs semblaient être le prolongement de sa peau. L'oeil vitreux derrière d'épais carreaux, il se tenait toujours courbé, ce qui donnait l'impression qu'il était bossu, comme s'il portait le poids de tous les cadavres examinés dans sa longue carrière.

L'explosion avait dispersé les morceaux de la malheureuse victime un peu partout. Même si les jeunes brigadiers avaient donné de leur temps à cette macabre tâche, le corps était incomplet : il manquait toute la main droite, la moitié du mollet gauche et l'annulaire de la main gauche. Stoïque malgré l'horreur de la scène, le médecin très professionnel décréta : « Le doigt a été sectionné. Sans doute une charogne qui passait par là, quelqu'un voulant récupérer l'alliance. » Puis, après avoir enfilé sa blouse et ses gants, il entreprit d'examiner chaque partie du corps, morceau par morceau...

Mais quand Albert Victor arriva, avec Lemay et Gaïa, il reconnut sans peine... Madame Elante.

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vendredi, janvier 28 2011

Un bruit sourd se fit entendre...

Aucun son ne venait troubler le silence presque inquiétant de la zone industrielle désaffectée « Le Grigoug ». Des usines grisâtres et imposantes se dressaient par dizaines sur une étendue de bitume de presque 1km2. A environ 500 mètres de la route principale, l'ancien fleuron économique de la ville avait été à son apogée dans les années 90 et ne cessait de dépérir depuis. Mais ce fut la pièce maîtresse d'un jeu qui aurait la destinée de la ville pour but. Ce jour là, à 18h24 et 49 secondes, un bruit sourd se fit entendre. Il provenait du centre du Grigoug, l'ancienne usine de boîtes de sardines. Une fumée opaque et noire sortit de celle-ci, ainsi que d'innombrables tonnes de poussière, qui se répandirent telles une armée de guerriers vandales chargeant Rome. Puis, au milieu des flammes crépitantes, un cri se fit entendre, un cri sans vie, le cri d'un mort, et ensuite un bruit tout autre, celui d'une avalanche, d'un éboulement : c'était l'usine qui s'effondrait comme un soufflet qui, après avoir explosé dans le four, retombait sur lui-même. A 18h25, il ne restait à son emplacement qu'un mont de décombres carbonisés, entouré d'un cercle de feu et de fumées toxiques à vous détruire les bronches.

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A l'usine (la bonne !)

Après l'entrevue avec l'inspecteur et dès qu'il put laisser l'Institut sans éveiller les soupçons, Edward décida d'aller faire un tour à l'usine. Il prit sa voiture, roula pendant à peu près 10 minutes, quand tout à coup il freina. Un enfant passa avec une balle dans les mains. Cela le fit réfléchir : sa conscience pouvait encore le rattraper. Et si ce n'était pas la bonne solution ? Je pourrais encore peut-être tout arrêter ? Mais Edward appuya de nouveau sur l'accélérateur et tourna en direction du bâtiment. Plus de doute, il en était certain, il fallait que l'usine explose, et les autres avec.

Il arriva à l'usine, se gara en retrait pour que personne ne le voit, sortit. Des cris venaient de cet endroit lugubre. Edward pensa encore : faire sauter tout le monde, ce serait une œuvre diabolique... Il se tourna, remonta dans sa voiture, puis enclencha le détonateur. Il démarra et se rendit tranquillement sur la colline en face de l'usine. Il s'installa pour la regarder exploser et eu un sentiment de légèreté.

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jeudi, janvier 27 2011

En robe de chambre, dans la nuit...

Pendant ce temps, la mère de Xavier était très inquiète pour son enfant elle n'arrivait plus à tenir en place. Elle avait envie d'aller à cette usine malgré les avertissements de l'inspecteur. Elle essayait d'oublier cette histoire mais c'était impossible, après trois secondes elle y repensait. Tant pis, j'y vais. Elle partit en robe de chambre alors que cette nuit-là il faisait moins de 10 degrés, mais elle n'avait pas froid. Sur la route, elle se dépêcha. La nuit était sans lune, la mère avait peur pour elle et son fils. Quelques minutes plus tard, elle se sentit traquée comme un chat par un chien, elle se mit à courir, courir de plus en plus vite... et arriva enfin à l'usine (la bonne), essoufflée. J'en peux plus, se dit-elle, mais elle cria quand même : « Xavier ? Xavier ?! Tu es là ?! » Personne ne répondit.

Le directeur de l'institut s'était garé à quelques mètres avant l'usine, il avait quelque chose en main. Elle ne le remarqua pas.

La mère de Xavier cherchait partout dans le bâtiment sombre, elle s'acharna pendant ce qu'il lui paru deux heures, dans tous les coins et recoins, tout en se sentant fixée. Quand elle essaya de regagner la sortie, elle comprit qu'elle s'était perdue.

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Conversation téléphonique...

- Allô ?!

- Monsieur Victor, c'est Lemay. Je suis avec Gaïa. Nous avons quelque chose d'important à vous dire... On a entendu une conversation...

- Oui ! Bon, j'ai autre chose à CENSURE faire !

- Ok, si vous voulez ! Mais nous venons de voir Xavier !

- Xavier ?! Vous l'avez vu où ?! Il était seul ?!

- Il était au square Belle Vie, avec Ice et Nick. Tous les trois voulaient aller à l'usine. On y va aussi.

- Nom de Diou ! J'y vais sur le champ !

- Dépêchez-vous...

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A l'usine...

J'entre... C'est bizarre, c'est vide... C'est noir, sale, sombre, plein de vieilles machines... mais pas la moindre trace de vie humaine...

- Xavier ?! Tu es là ?!

Non, il n'est pas là. Bon, je fais quoi ? Tiens, il y a une porte au fond. Je vais y aller, j'espère que ce n'est pas un piège. Il fait tout noir... J'ai ma lampe de poche ? Raah ! Y a presque plus de pile. Evidemment, quand l'agent N°18 s'en sert en plein jour... Bon, voilà, on est dans le réfectoire. Enfin, l'ancien réfectoire. Il y a beaucoup de portes. La première :

- Il y a quelqu'un ?

Non, il n'y a personne... Ni derrière celle-là, ni... C'est bizarre, je me sens suivi... je me retourne...

- AAAHHH ! Au secours !

- Z'avez un problème, m'sieur ?

- Là ! Là ! Un truuc !

- Mais m'sieur, c'est une araignée !

Un clochard devant moi, en guenilles et avec une bouteille.

- Qui êtes-vous ?

- J'm'appelle René, m’sieur, et je viens ici tous les soirs parce qu'il fait moins froid que dehors.

- As-tu remarqué des choses étranges ces derniers temps ?

- Ben non, pas du tout. S'il y a des choses bizarres en ce moment, c'est plutôt à l'usine d'à-côté, enfin, à quelques kilomètres vers le sud.

- Et que se passe-t-il de si étrange ?

- Ben ch'ais pas moi, y a plein de types qui entrent et sortent, et pis des fois y a une bagnole noire qui vient.

- CENSURE. Je me suis trompé d'usine !

- Y a quequ'chose qui va pas, m'sieur ?

- ...

« I will survive, nananana, Il will survive... » Zut, mon portable ! Allô ?

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Enfin la saison 3... Où l'on reparle de Xavier !

Gaïa sortit de l'hôpital en compagnie de Lemay. La tueuse boitait un peu, seule séquelle de son aventure. En chemin, après un gémissement, Gaïa s'écroula sur un banc du square Belle Vie. Lemay sortit son téléphone portable de sa poche, prête à appeler la planète entière pour secourir son amie. Gaïa protestait encore lorsque... Ice, Nick et... XAVIER déboulèrent dans l'allée, parlant avec animation. Sans même se concerter, Gaïa et Lemay se mirent à suivre l'incroyable groupe. Celui-ci s'arrêta bientôt, à l'écart des promeneurs, près d'un bosquet, dans lequel les deux filles se faufilèrent sans bruit. Elles écoutèrent la conversation avec intérêt.

- Ca devient trop dangereux, j'en ai marre, je veux arrêter !

- Et la rançon alors ?

- On s'en fiche ! Ma mère me manque, et mon amie aussi.

- Parce que tu crois vraiment qu'elle t'aimera encore, quand elle saura ?

- ... Oui, je pense, murmura doucement Xavier désolé.

- Ben, tu rêves alors ! Fit Nick. Ca fait longtemps que je t'ai remplacé dans son coeur. Elle te cherche simplement pour devenir célèbre.

- !!! Fit Xavier

- Moi, j'veux le fric ! Déclara Ice. Tant que j'aurais pas mes 10 000 euros, tu peux toujours rêver pour qu'on arrête !

- C'est 1 000 euros, normalement, ta part, remarqua Nick d'une voix moqueuse. Sinon, pour le reste, t'as raison. Tant qu'on n'a pas l'argent, on continue.

- Non ! On vous paiera mais on arrête tout !

- Dans ce cas, faut en parler à Edward, dit Ice. Eh m... lui qui comptait faire sauter l'usine, avec moi, récupérer le fric et le partager uniquement à deux... Ah, oui, et faire disparaître les preuves par la même occasion.

Ice soupira.

- On part à l'usine, je dois y retrouver Edward.

- Ca vous dit pas d'aller d'abord à la buvette du parc ?

Les trois garçons s'éloignèrent, laissant les filles stupéfaites. Mais elles réagirent vite.

- Il faut prévenir l'inspecteur...

- Et après, on file à l'usine !

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vendredi, juillet 2 2010

Comment se sortir d'une situation mal engagée !

          Ce fut le moment que choisit Ice pour arriver. « Edward, j’suis là ! » S’écria-t-il joyeusement avant de se figer sur place : Le directeur conversait fiévreusement avec un inspecteur de police. Edward devança Albert Victor qui entrouvrait la bouche pour questionner le gosse et dit :

- Hé bien, pourquoi êtes-vous là à cette heure si tardive ?

          Ice le regarda, complètement déboussolé.

- Heu… Hé bien… Je suis venu car ma mère a jeté les… petits bâtons rouges que vous m’avez donnés. Il m’en faut d’autres et puis je suis allé chez J.H.L. et il y avait plein de boites de sardines par terre.

         Le directeur comprit de suite les allusions de Ice, cet imbécile avait oublié de cacher la dynamite et son idiote de mère avait fourré son long nez dedans. Cependant, la dernière partie de la phrase l’étonna : les boites de sardines, et donc les bijoux, n’étaient plus dans l’arbre ! Comment cela était-il possible ? L’inspecteur, lui, ne comprit pas, et demanda ce qu’était les « petits bâtons rouges ». Le directeur bafouilla :

- Mais ce n’est rien, enfin juste des… des bougies pour… pour une fête.

- Qui est J.H.L ?

- C’est… un copain de Ice.

           Le Directeur remercia le « bon garçon » de l’avoir prévenu, lui dit qu’il pouvait rentrer chez lui. L’inspecteur ne tarda pas à partir à son tour. Albert Victor avait un rendez-vous important, mais il ne précisa pas que c’était… à l’ancienne usine.

FIN DE LA SAISON 2

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Embrouilles à l'Institut

         19 heures. L’Institut était désert et plongé dans la pénombre. Mr Duchêne s’était assuré que tous les professeurs étaient partis et avait donné congé à tous ses employés. Edward Duchêne attendait dans le silence, inquiet du retard de Ice. Il tournait en rond autour de son bureau de marbre dur et froid. Il regardait de temps en temps par la fenêtre, qui dominait la cour vide. Il se questionnait sur les causes possibles du retard. Il appela Ice, tomba sur la messagerie. Ice c’est moi. Que fais-tu donc ? Il reposait le téléphone quand tout à coup on frappa à la porte, à petits coups secs et répétés.

- Oui, attends… J’ai fermé la porte par précaution.

           Et il ouvrit… à l’inspecteur !

- Bonsoir.

- Oh ! Je… Bonjour ! Dit Edward, troublé. Mais où est Ice ? Et qu’est-ce qu’il fiche ici, lui ?

- Vous attendez quelqu’un ?

- Ah ! Euh… Euh… Non, non !

Albert Victor expliqua qu’il venait pour une ancienne histoire, il avait soudainement repensé à une affaire irrésolue qui s’était déroulée à l’Institut, le vol d’une voiture noire. Le directeur répondit qu’il n’avait rien à dire de plus que ce qui avait été dit.

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Evasion

        Pendant que l’inspecteur se demandait s’il devait aller d’abord à l’usine ou à l’Institut, Ice sortait de sa chambre. Il avait vérifié que le couloir était vide, s’était changé, en prenant la précaution de cacher le plâtre de sa jambe droite. Comme il marchait avec difficulté, il vola les béquilles d’un malade qui passait par là. Après avoir cherché en vain un ascenseur pour descendre au rez-de-chaussée, il découvrit des escaliers, et se cassa la figure ! Cependant, ses vêtements avaient amorti sa chute et assourdi le bruit. Il se releva, marcha vers les portes principales en accélérant le pas, tout en trainant son pied infirme au sol car il avait perdu les béquilles dans sa dernière chute.

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Albert Victor réfléchit...

         Albert Victor n’était pas inspecteur pour rien. Il avait une excellente mémoire et fit vite le rapprochement avec une autre affaire, non résolue. Plusieurs mois auparavant, une vieille femme avait déboulé dans le commissariat :

- On m’a volé ma voiture !

- Du calme, madame, tout doux, calmez-vous, et racontez-nous.

- Je suis femme de ménage à l’établissement des jeunes fous. Comme tous les matins, j’ai garé ma voiture sur le parking, et quand je suis revenu après mon travail, elle n’y était plus ! Dit-elle en fondant en larmes.

- Marque ? Numéro d’immatriculation ?

- Je ne sais pas ! Elle est noire, si ça peut vous aider !

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Où l'on reparle de Xavier...

Plus tôt dans la journée, l’inspecteur Albert Victor avait interrogé Gaïa, mais elle était trop fatiguée pour lui répondre. Il décida alors d’aller questionner ses amis, en commençant par un certain Xavier. La maison des Elante était sombre, sinistre. Une seule lumière filtrait. Il sonna à la porte et attendit trois longues minutes avant qu’une femme lui ouvre.

- Où est votre fils ?

A ces mots, la mère de Xavier trembla.

- Depuis quelques jours, je ne le vois plus, avoua-t-elle bientôt, en larmes. Je reçois des lettres de menaces, comme quoi il faut que je donne toutes mes richesses à… à je ne sais pas qui.

- Quoi ?! Montrez-moi ça !

Elle lui donna à lire le message qu’elle venait de recevoir.

Salut. On t’écrit au sujet de ton fils. Si ce soir on n’a pas la somme demandée, on zigouille ton gamin. Voici les conditions : Tu n’appelles pas la maréchaussée. Tu mets l’argent dans le sac que j’ai laissé avec l’enveloppe. Tu vas jusqu’à la cabine téléphonique à côté de l’hôpital. Tu montes – avec le sac – dans la voiture noire garée à côté. Ensuite, tu vas jusqu’à l’usine désaffectée. Tu descends de la voiture – avec le sac – et tu attends. On espère que tu as bien compris, on ne le répètera pas deux fois. Si tu ne fait pas tout ça dans l’ordre, on gardera et on tortura Xavier. Et puis c’est tout !

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A l'hôpital (encore !)

           Depuis son lit d’hôpital, Gaïa vit passer dans le couloir Mr Duchêne. Que faisait ici le directeur de l’Institut ? Venait-il la voir ? Il ne s’arrêta pas. Gaïa n’avait jusque là pas vraiment cherché à savoir des choses sur sa vie privée, et aucun des événements bizarres arrivés à l’Institut ne l’avait vraiment intéressée. Maintenant, elle cogitait dur. Elle avait raison car pendant ce temps Mr Duchêne continuait sa route dans le grand couloir. Il passa des portes et s’arrêta devant une chambre que même Gaïa n’aurait jamais imaginée…

- Ice, tu n’as pas été prudent !

            Devant l’air menaçant de Mr Duchêne, Ice tira un peu plus sur lui sa couverture, la monta jusqu'à son menton. Il avait peur car il avait légèrement raté ce qu’il avait du entreprendre.

- Euh…

- Tais-toi, on pourrait nous entendre… Rendez-vous ce soir à l’école, on va s’expliquer.

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Au club des aînés...

Lemay fut au rendez-vous. Elle questionna les membres du clubs.

- Connaissiez-vous Mirline Dufoin ?

- Quoi ? Cria une personne agée.

- Est-ce que vous connaissiez Mirline Dufoin ?

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Je vous demande si vous connaissiez Mirline Dufoin ! reprit Lemay, plus fort.

- Ah ! non, je ne veux pas de riz au lait, répondit le vieillard.

- Mais ! Je ne vous demande pas si vous voulez du riz au lait ! JE VOUS DEMANDE SI VOUS CONNAISSIEZ MIRLINE DUFOIN ! hurla Lemay.

Alors, tous les regards se tournèrent vers elle et plusieurs bouches prirent la parole :

- Pauvre Mirline ! Quand on était jeunes, on était à l'école ensemble. C'était une jeune fille sérieuse et très sympathique. Je me souviens d'une journée de printemps. Je la regardais sur sa balançoire... Elle était magnifique... Mais elle ne m'a jamais adressé un regard.

- Ouais ! Euh... Ouais ! Yo ! J'... J'connaissais bien Mirline, ouais ! Une femme un peu space mais bon... bon ! Je vais arrêter de mal parler, ça commence à m'énerver !

- Moi aussi je connaissais Mirline. Elle était jolie, surtout quand elle mettait ses grosses lunettes à double foyer...

- C'est un homme que j'ai vu, qui l'agressait ! J'ai crié : « Nom de diou ! Vai t'en cagar a la vinha e porta me la clau ! » Et puis il faisait ben plus de potin mais il a fini par la lâcher. J'ai dit à Mirline : « Ba pla ? » Elle m'a répondu : « Comment ? » J'ai dit : « Est-ce que vous allez bien ? » - Oh, bah, oui, ma foi.

- Moi, je vous dis, elle a de la chance d'être morte. Ici, il y a une ambiance funéraire. Tous les jours on mange à un enterrement, c'est déprimant...

         Enfin, une femme, petite et chauve, s'avança vers la jeune fille et déclara lentement :

- Mirline et moi sommes de vieilles amies.

        Elle s'arrêta de parler et se mit à respirer comme si elle venait de courir devant les cyclistes du Tour de France. Plusieurs minutes plus tard, elle reprit son récit :

- Nous nous connaissions depuis la maternelle. Un jour, nous fûmes élues à égalité les plus belles filles du village.

        Elle débloque, se dit Lemay, il est impossible que deux miss soient élues. Elle relança néanmoins la conversation :

- Euh... C'était il y a longtemps alors ?!

- Oh oui ! Je m'en souviens comme si c'était hier mais c'était en... 1860 !

- Ah, oui, effectivement, ça fait longtemps ! Pouffa la jeune fille.


         Tout à coup, la femme qui, d'après ses dires, avait vécu presque deux siècles, recommença à s'étouffer et s'effondra au sol. Lemay estima que le Club des Aînés était une fausse piste. Elle rentra chez elle très triste avec une pensée pour Xavier, toujours invisible, et une pour sa copine Gaïa, à l'hôpital.

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enterrement

Deux jours après, Lemay décida de se rendre à l'enterrement de Mirline. Elle tomba sur une petite cérémonie lugubre. Le prêtre commençait son discours :

« Mes chers amis, nous sommes réunis en ce jour d'automne pour pleurer la mort de Mirline Dufoin. Je vais laisser la parole à... quelqu'un qui la connaissait davanatage que moi. » L'embaras du prêtre ne s'estompa guère car il s'avéra que personne dans l'assemblée ne connaissait Mirline. Après un silence plombant, Lemay se dévoua :

« C'était une femme... particulière, avec une manière de parler si... particulière, avec une beauté... particulière, et des goûts cinématographiques... particuliers. »

Après la cérémonie, Lemay s'éclipsa. En arrivant au portail, elle se fit apostropher par un vieil homme :

- Eh petite, tu connaissais Mirline ?

- Euh... oui. C'était une... connaissance. Et vous ?

- Miladiou de coquin de sort ! Ma pitchoune, je connaissais bien Mirline. J'avais remarqué quelque chose de bizarre ces derniers temps. Viens nous voir demain soir au Club des Aînés.

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les revenants

Pendant ce temps, juste à côté, Mme Delard s'approchait de Norbert Le Perrier qui tenait toujours Gaïa dans ses bras. En lui époussetant les cheveux, elle jeta un oeil à la jeune fille :

- Tiens, encore une élève qui réapparaît !

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mardi, juin 15 2010

Chez Mirline...

Les véhicules s'arrêtèrent brusquement devant le foyer de Mirline. Les pneus crissèrent, les portières claquèrent et tout ce monde sortit des voitures dans un tumulte assourdissant. Albert Victor vérifia rapidement si la porte était ouverte. Comme elle l'était, il laissa passer les pompiers qui entrèrent devant lui dans le pavillon. Un bruit étouffé leur parvenait depuis le salon. En s'avançant, ils virent au milieu des bibelots le corps inanimé de Mirline Dufoin, gisant sur le sofa rose délavé. La télé diffusait dans le vide une vieille série sentimentale à l'eau de rose.

- est-elle morte ? Demanda Albert Victor.

L'urgentiste s'approcha du corps et se pencha pour l'examiner.

- son coeur ne bat plus.

Deux infirmiers coururent chercher un défibrillateur. Pendant quelques minutes, ils essayèrent en vain de la réanimer. Toutefois, personne ne voulut se désigner pour le bouche-à-bouche. Albert Victor, impatient, finit par dire :

- c'est inutile. C'est fini.

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