Le Rom@n TIC

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jeudi, décembre 1 2011

ça y est... nous avons recommencé !

Premier soir, prise de contact et déjà premiers efforts. Nous créons nos nouveaux personnages mais chut... Il est encore trop tôt pour en parler.

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jeudi, juin 30 2011

Fin d'année...

John Bordas ayant définitivement (ou pas ?) perdu la tête, et surtout la fin de l'année scolaire étant là, il nous faut penser à clore cette saison riche en joie partagée d'écriture.

Isabelle Belaygues, professeur-documentaliste du collège Pierre Darasse de Caussade, Jean-Michel Tartayre, professeur de français du collège Pierre Bayrou de Saint Antonin et Nicolas Pechmezac, médiateur du livre de l'association REEL disent un grand BRAVO aux jeunes auteurs de la saison 3 : Alexia, Antoine, Arnaud, Cloé, Cloé, Clément, Cyrille, Félix, Géraud, Guillaume, Ibrahim, Iseline, Julie, Lauren, Lydie, Lucas, Malone, Marie, Matthieu, Mélina, Neil, Nils, Perine, Rémy, Rémy, Romane, Samuel, Sandie, Sylvain, Swann, Théo, Thomas, Tito, Ugo, Yohan, Yuma.

Merci aussi aux jeunes de la Maison des Arts de Nègrepelisse.

Peut-être à bientôt pour de nouvelles aventures littéraires...

Bonnes vacances à tous !!!

lundi, juin 27 2011

John avait-il vraiment perdu la tête ?

John avait-il vraiment perdu la tête ? Il se sentit bizarre pendant un court moment, puis il reconnut l’auberge de son jeu vidéo, celui auquel il avait joué juste avant la coupure d’électricité. Il était dehors, en face du fameux « bar ». Et il pleuvait des cordes, oui, des cordes ! A ce moment même, il aperçut Lola à travers la fenêtre en train de servir une bière à quelqu’un. John entra en vitesse dans l’auberge, puis essaya de parler à Lola. Il était un peu angoissé, puisqu’il ne savait toujours pas parler aux filles, surtout à celle-là, mais il prit sur lui et la rejoignit. N’osant pas, il chercha un ordinateur pour lui écrire un mail. Mais à cette époque, trouver un ordinateur s’avérait impossible, et surtout sur une île déserte. Il dût, pour la première fois de sa vie, prendre une plume et de l’encre pour écrire une lettre.

John avait-il vraiment perdu la tête ? Il se sentit bizarre, pendant un court moment, puis il reconnut l’auberge de son jeu vidéo, la fameuse ! Jeu vidéo auquel il avait joué juste avant la coupure d’électricité. Il était dehors, en face de ce bar aux allures de pub irlandais. John contempla la porte toute de bois faite, l’enseigne, peinte sur la porte comme les stickers modernes, était répétée de nombreuses fois à tel point qu’on ne pouvait discerner que la couleur dominante, à savoir le JAUNE !

Avait-il vraiment perdu la tête ? Jaune, comme l’astre lumineux. Alors qu’il pleuvait des cordes, oui, des cordes ! John attrapa un bout en songeant qu’il en aurait sûrement besoin. A ce moment-même, il aperçut Lola à travers la fenêtre en train de servir des bières à des marins déjà ivres. Deux émotions contradictoires vinrent le bouleverser : d’un côté, une joie immense de la retrouver, de pouvoir la serrer contre lui, de la revoir se morfondre entre les tables. Mais il trouvait un peu réducteur de cantonner sa bonne amie à ce rôle secondaire de serveuse – néanmoins parfaite.

John avait-il vraiment perdu la tête ? Il se décida à entrer dans le bar. Il voulait parler à l’idole. N’osant pas l’aborder, il chercha un ordinateur pour lui écrire un mail, oubliant qu’il était dans des temps bigrement reculés. Il dut se résoudre à prendre pour la première fois de sa vie une plume, de l’encre et écrire.

John avait-il vraiment perdu la tête ?

jeudi, juin 23 2011

Madame T-Rex

Quand il revint à lui, il était sur le dos d’un ptérodactyle ! Il commença à essayer de le piloter. Quand il s’aperçut que des falaises était juste en dessous de lui, il tira sur les ailes du dinosaure et se dernier se mit à cabrer. John tenta de s’agripper aux pattes mais il tomba… sur un tas d’excréments de diplodocus ! Bienvenue dans la préhistoire… Un groupe d’homme avec des massues à piques le firent prisonnier, l’attachèrent à un tronc d’arbre avec de la peau d’animal, et l’emmenèrent dans une caverne. On lui fit manger quelque chose, on prépara un feu, John s’endormit dans la douce chaleur… A son réveil, il découvrit que les hommes n’étaient plus là et surtout… que l’os de son genou droit n’était plus là ! Il prit près du feu une bûche pas encore calcinée, un silex, et il se fabriqua une jambe de bois. John Bordas, pirate de la préhistoire. Il tenta de se lever. Au premier coup, il n’y arriva pas. Après plusieurs essais, il parvint à se redresser. Il sortit lentement de la grotte, entendit un rugissement de T-Rex… et se retrouva « nez-à-nez » avec une femelle qui voulait protéger son petit qui venait de naître. John la regarda et ses yeux lui firent penser à Lola.

Oui, oui, les yeux de T-Rex, c’est vachement beau, ne rigolez pas ! « C’est rien que les yeux alors qui me font penser à Lola, non, parce que, une T-Rex… » Il se tourna vers la femelle enragée : « Désolé, Madame… c’est pas très attirant, quoi. » N’importe quoi, même un arbre lui aurait rappelé Lola. Mais John était vraiment en manque. « En manque d’amour… » La T-Rex le fixait. « Non… Hé ! Vous avez vu ? Elle m’a souri ! La T-Rex m’a souri ! »

- Eh oui chéri, je te souris, tu me plais bien, tu sais.

« C’est un truc de ouf ! UN TRUC DE OUF ! »

La T-Rex avançait déjà sa grande gueule baveuse vers le visage de John…

dino

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Anna en 3002...

Une fois dehors, John était dans la rue et flottait dans les airs. Toujours, des objets volaient, des sortes de voitures volaient. Mais à l’intérieur de ces véhicules, les gens maintenant apparaissaient d’une blancheur qui faisait mal aux yeux. John eut peur, et bientôt une terrible envie de... Il devait trouver des toilettes ! Alors il décida de « marcher »… et il vola, vola jusqu’au café ofu. Il eut l’impression d’y être déjà entré, tout à l’heure mais aussi une autre fois, il y avait très longtemps. Il demanda où étaient les w-c, le barman ne comprit pas. John chercha tout seul, il les trouva. Il pleura. Une fille arriva, d’une grande beauté.

- Lola, c’est toi ? 

- Non, moi c’est Anna. Mon arrière-arrière-arrière-arrière-etc-grand-mère s’appelait Lola ! Tu viens d’où ?

- Je… A l’origine, de New York. Je m’appelle John. J’ai tué toute ma famille et tous les gens de ma ville, c'est-à-dire New York.

- Pour ton info, New York n’existe plus depuis 200 ans !

John ne savait pas quoi dire, il était choqué à vie !

- Mec, on est en l’an 3002, et de ce que je comprends, tu es paumé. Viens.

John la suivit. Il regarda les voitures volantes, les vélos qui roulaient tout seul, il regarda Anna-Lola s’envoler… Quelque chose de dur le cogna. No Future. Trou noir.

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Lévitation et téléportation

- Eh ! Fais gaffe, sale plutonien !

- Va donc à la RDC (Remise De Conduite)

John avait déboulé dans un lieu étrange, plein de voitures au genre futuriste en lévitation. Tous les objets lévitaient. Même ce qui était vivant. Des êtres humanoïdes, de peau couleur anthracite, avec des oreilles et un nez presque inexistants, dotés d’un seul œil et d’une chevelure abondante. Ils allaient tous au même endroit, vers un bâtiment (flottant lui aussi), ressemblant à lieu religieux. John avait pris place dans ce qui paraissait être un taxi, et était donc obligé de ne pas se faire remarquer, mais il comprit très vite que ce ne serait pas laborieux : en regardant dans un miroir qui se trouvait dans son blouson (le même que celui des étranges êtres) il vit qu’il était pareil qu’eux !

Arrivé au monument, John descendit et suivit le plus grand groupe, pensant qu’il se fondrait mieux dans la masse. Quand il entra, un prêtre l’examina comme les autres, et le laissa passer. Pendant la prière, le prêtre le plus important le désigna pour récolter de la monnaie. Il eut peur, fit malgré tout un pas en avant et dit : « D’accord ». Sauf que ce ne fut pas ce mot qui s’échappa de sa bouche mais : « Dberddeba ». Il avança, comme téléguidé, prit le panier prévu pour récupérer les sous, et disparut. Au départ, il crut que c’était contre sa volonté, mais il comprit qu’il s’était sorti de ce mauvais pas tout seul : il avait usé de la technique de la téléportation. Il se trouvait à présent devant un café, appelé à cette époque ofu, et plus particulièrement devant celui qui le sauverait : il l’avait vu lorsqu’il était encore dans le taxi, et avait aussi remarqué que beaucoup de monde s’était agglutiné devant. Il entra donc, fouilla ses poches, et trouva l’argent de la quête. Il acheta une seule chose : un liquide violet et gluant, le but, et se sentit revigoré.

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Science-fiction ?

John découvrit une œuvre qui ressemblait à une cage translucide, toute de verre et placée à la verticale. Ou était-ce un ascenseur ? C’était ouvert, il entra. « 3, 2, 1… » annonça une voix. John cria avant de disparaître. Il eût l’impression d’être avalé, secoué, de tourner… avant d’ouvrir les yeux, et de voir une immense rue piétonne, grande deux fois comme Fifth Avenue à New York. Enfin, piétonne… les humains se déplaçaient dans des bulles en verre, qui suivaient des tracés au sol. Et John se trouvait au milieu de tout ça, debout au milieu des assis. Et les regards commencèrent à le scruter. Il commença à courir, passa deux carrefours, tournant à gauche, à droite, et ne voyant aucune route : seulement un sol blanc parcouru par des circuits noirs et arpenté par ces étranges bulles. Il finit par s’assoir et s’endormit à un angle de deux « rues ». Quand il se réveilla, il se trouvait dans une chambre blanche, entouré de personnes obèses et sans dents. Un homme prononça une phrase incompréhensible. John leva la tête et tenta d’apercevoir un quelconque panneau dans le couloir. Le seul qu’il vit donnait des indications avec des lettres ne ressemblant en rien à celles qu’il connaissait. Il baissa la tête. « Non, se lamenta-t-il, c’est pas possible… » Le visage de l’homme s’illumina, et il prononça un mot, toujours incompréhensible. Quelques minutes après, un autre entra et s’assit. Le premier parla encore, s’adressant au second, qui se tourna vers John.

- Qui être ?

John ne put s'empêcher de pouffer de rire.

- Moi, John Bordas, répondit-il avec une pointe de sarcasme. Où suis-je ? Qui êtes-vous ? continua-t-il beaucoup plus sérieux.

Comme l’autre fit les yeux ronds, John répéta, plus doucement :

- Quel être cet endroit ? Qui être ?

- Sommes à Ta, Etar, Fatene. Mon nom est Poka. Et je parle ta langue. Et tu dois regarder ça.

Un écran s’alluma. Le film proposait le spectacle de robots qui se battaient les uns contre les autres dans une arène.

- Tu veux participer au tournoi ?

Entrevoyant peut-être un moyen de fausser compagnie à son nouvel « ami », John dit :

- Ecoute, Poka, je relève le défi ! Que dois-je faire ?

- Tu dois aller t’inscrire au magasin des robots, et choisir ton robot, là-bas.

- C’est où, là-bas ?

- Tu n’as qu’à sortir dans le couloir.

Ce que John fit, sans se faire prier.

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mercredi, juin 22 2011

L'Art dans tout ça, c'était quoi ?

Du noir, du blanc, puis toutes les couleurs. Pas plus, pour John. Il ne distinguait même plus la masse, elle s’oubliait dans un silence qui en disait beaucoup. Des gens s’arrêtaient, croquaient les tableaux, les sculptures, qui ne faisaient que déguiser des murs bigarrés. Notre ami ne comprenait plus : L’Art dans tout ça, c’était quoi ? Fallait-il s’éprendre de ces parois ou s’enivrer de ces toiles ? Peut-être valait-il mieux apprécier l’harmonie qu’elles étaient réputées former ? Des hommes disparaissaient derrière les pans de murs de ce qui semblait être une prison sans issue qui s’efforçait d’être attrayante sans y parvenir. Tandis que la foule – qu’en bon misanthrope il détestait – se perdait dans l’Art, John s’égarait dans les dédales du prétendu Musée. A la manière des poupées gigognes, des salles s’emboîtaient les unes dans les autres, de plus en plus petites et encombrées. Le piège se resserrait.

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Chevaux chinois...

cheval chine

Han Gan (706 – 783), élève de Wang Wei, se spécialise dans le portrait des chevaux. Il développe une opposition noir et blanc dans ses sujets. Son nom est devenu légendaire. De très nombreuses œuvres représentant des chevaux sont rassemblées sous son nom. 

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Persuasion

A peine ces mots prononcés, Liu Bei bondit hors du siège.

- Donc, je dois abandonner mes soldats, pour sauver ma vie ?! Et je devrais continuer à vivre en sachant que des hommes se sont vaillamment battus et sont morts en héros pour moi, pendant que j’étais en train de prendre la poudre d’escampette ?! Jamais je ne ferai cela !

- Mais si vous restez et que vous mourez, tout ce pourquoi vos soldats se battent en ce moment même sera réduit à néant. Ils seront morts pour rien.

- Mais qui va les commander si je ne suis plus là ?

- Kong Ming.

- …

- Kong Ming n’est-il pas le plus fin stratège du pays ?

- …

John éprouva de l’admiration pour ce seigneur qui cherchait désespérément un argument pour rester avec ses hommes et se battre au péril de sa vie. Au bout d’un long silence, Liu Bei dit : « Tu as gagné, Chen Zhen. » Puis il chargea quelqu’un d’aller prévenir son épouse. Très vite ils se préparèrent, changèrent de vêtements pour voyager incognito : à la place de l’uniforme vert, une chemise et un pantalon noirs, un long manteau noir également dont la capuche ressemblait à une cape. John-Chen Zhen pensa que s’il avait eu en plus un masque et un chapeau, il aurait fait penser à un personnage d’une vieille série télévisée.

- Ma femme nous attend dehors et si tu es prêt, nous y allons. Il parait qu’il ne faut pas faire attendre les dames, dit Liu Bei en souriant.

- Très bien, répondit John.

Dehors dans la nuit – quel spectacle – une jeune femme se tenait bien droit sur un cheval blanc. Elle avait les cheveux mi-longs attachés… en queue de cheval. Au lieu de porter une robe comme John l’aurait cru de la part de l’épouse d’un seigneur féodal, elle était en armure. Mais ce qui l’étonna le plus, ce fut que malgré sa coiffure et son armure, elle ressemblait de façon frappante à Lola. John ne put s’empêcher de pousser un petit cri de surprise. Il avait, assise en amazone, il avait sous ses yeux Lola.

- Shang Xiang, je te présente Chen Zhen.

- Enchantée. C’est mon beau cheval que tu regardes ?

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Le seigneur Liu

Sans plus attendre, John se dirigea devant la tente de Liu Bei. Il respira un grand coup et entra. Dommage pour la manière forte : la tente était bondée de colosses tous plus baraqués les uns que les autres. Au fond, siégeait sur un trône entouré de deux géants un homme aux cheveux et à la barbe grisonnants. Il se tenait avachi comme si le poids de trop lourdes responsabilités lui incombait. Le géant à sa gauche était habillé de vert, avait une longue barbe qui s’écoulait le long de sa poitrine et lui arrivait jusqu’à la taille. Il tenait à la main, très facilement, une grande lame sculptée qui devait peser une bonne tonne. Celui de droite était aussi vêtu de vert mais en débardeur. Ses bras semblaient n’être faits que de muscles. L’arme était une pique tout aussi sculptée et lourde que celle de son compagnon. John s’approcha, et demanda à celui qui était avachi :

- Pouvez-vous me dire qui est Liu Bei, s’il vous plait ?

- Qui le demande ?

John se rappela subitement qu’il devait donner un faux nom. Il improvisa :

- Heu, moi c’est Chen Zhen.

- Hum. Drôle de nom. Pourquoi veux-tu voir le seigneur Liu ?

- J’ai un message de Kong Ming pour lui.

- Bien, répondit l’homme qui, au nom de Kong Ming, s’était relevé. C’est moi, Liu Bei. Quel message ?

- Vous devez fuir, vous et votre épouse, car ce camp n’est plus sûr. Kong Ming m’a demandé de vous conduire vers le nord, dans un village où vous serez en sécurité.

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"Vouloir ne suffit pas..."

John enfila la tunique rapidement, eut plus de mal pour l’armure. Il attacha son épée à la taille, puis la sortit du fourreau. Plus légère et plus longue que le glaive, plus solide que le fleuret, c’était l’arme parfaite. La poignée était en fer sculpté, avec plusieurs bandes de cuir fin. Sur la lame avait été gravés plusieurs caractères chinois. S’interrogeant sur leur signification, il demanda à Kong Ming, qui lui répondit en souriant :

- C’est un conseil pour le guerrier qui maniera cette arme : « Vouloir ne suffit pas, il faut agir pour atteindre son objectif ».

John approuva de la tête.

- Tu dois maintenant aller voir le seigneur Liu Bei et lui dire que le camp n’est plus sûr, qu’il doit fuir avec son épouse le plus vite possible, incognito, bien entendu, avec une escorte réduite. Accompagne-les. Il refusera certainement, ce sera à toi de le convaincre. Partez vers le nord, il y a là-bas un village sûr.

Kong Ming lui tournait déjà le dos mais il se ravisa, et ajouta :

- Hum. « John », ça sonne bizarre, trouve un autre nom. Ici, il y en a beaucoup qui commencent par un « Z ». Débrouille-toi avec ça.

- Donc, si j’ai bien compris, je dois trouver Liumachin et le traîner de force s’il le faut loin d’ici, c’est ça ?

- De force ? Je doute que tu y arrives, envisage plutôt la diplomatie. Tu trouveras Liu Bei dans la grande tente la plus au sud. Dépêche-toi, Wei Yan doit être en chemin pour m’annoncer qu’il a échoué.

En effet, John distingua derrière Kong Ming un nuage de poussière, signe qu’un cavalier arrivait à bride abattue.

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Un camp militaire

Quelque peu froissé par cette réplique cinglante, John s’assit dans un coin, contempla les alentours : des tentes dressées et, partout, des hommes armés. Ca ne ressemblait ni à un camp romain, où la discipline et l’organisation frôlaient l’obsession, ni à un camp de ces soudards de chevaliers du Moyen-âge, mais c’était bien un camp militaire. John revint à Kong Ming, le dévisagea : l’homme avait petite moustache et bouc, les cheveux coiffés en chignon, portait une longue robe blanche comme on en voit parfois dans les films de Kung-fu, sur laquelle était brodée le symbole du Ying et du Yang. Assis dans l’herbe, Kong Ming gardait les yeux fermés, et tenait à la main un éventail fait avec des plumes de paon. Tout à coup, il se releva et se mit à donner des ordres.

- Wei Yan, tu prends la cavalerie et tu contournes leur armée, tu vas les prendre par derrière. Pendant ce temps, j’envoie les fantassins au devant.

- Très… bien… J’y… vais.

L’homme auquel Kong Ming s’était adressé, jusqu’alors caché dans l’ombre, partit en courant.

- C’est un brave. Il a quelques difficultés pour parler mais ne sous-estime pas son intelligence. Et sa volonté est inébranlable.

- Euh… D’accord.

- Bien. Alors, voyageur, je vais te faire un topo un peu plus complet que tout à l’heure…

- Mon nom, c’est John.

- Très bien, John le voyageur. Tu es en Chine autour des années 200, dans la période dite des « Trois Royaumes ». La Chine est divisée en trois. Lorsque la dynastie Han s’est effondrée, il y a eu plusieurs batailles… qui ont eu pour conséquence la scission du pays en trois royaumes : le Wei, gouverné par Cao Cao et son fils Cao Pi, le Wu, gouverné par les descendants du grand Sun Tzu, la famille Sun… et enfin le Shu, dont le dirigeant est Liu Bei, un des derniers membres de la dynastie Han. C’est le camp que je soutiens. En ce moment même, nous subissons une escarmouche du Wei, car notre seigneur Liu Bei vient d’épouser Sun Shang Xiang, sœur du dirigeant actuel de la famille Sun et du royaume du Wu, Sun Quan. Je voudrais que tu ailles prévenir le couple et que tu lui demandes de fuir. Mais d’abord, enfile ça.

Kong Ming tendit à John le même uniforme vert que celui des soldats, une armure et une épée.

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Petit scarabée voyageur

John était à présent nu, complètement nu. Seulement, autour de lui, ce n’était plus cinq jeunes filles mais une centaine d’hommes de type asiatique en uniforme vert, qui couraient dans tous les sens. Se redressant, John découvrit un homme de taille moyenne assis à côté de lui. Avant que le garçon ait pu articuler quoi que ce soit, l’homme dit :

- Ne m’ennuie pas, petit scarabée voyageur, tu poseras tes questions quand j’aurai trouvé le moyen de sauver nos vies.

Malgré ces paroles, John voulut l’interroger mais l’autre, poursuivit sur un ton menaçant :

- J’ai dit : ne m’ennuie PAS ! Tout ce que tu as besoin de savoir pour le moment, c’est que tu te trouves dans la contrée que tu connais sous le nom de « Chine », que nous sommes à l’époque des «Trois Royaumes », que tu as atterri en plein milieu d’une bataille et que mon nom est Kong Ming.

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mardi, juin 21 2011

1900 !

La féminité tant désirée… et voici que John se retrouvait au Moulin Rouge, en 1900 !

Le french cancan. De vieux hommes, cheveux ras sous hauts de forme bavaient sur les dames et leurs culottes bouffantes. John commanda un verre et voulut s’assoir dans un coin sombre. Il se retira dans un salon annexe de la salle de spectacle. C’était une petite pièce éclairée par seulement trois bougies de suif grasses posées sur un grossier chandelier de bronze. Les murs était peints de vert mais grisâtres à cause du faible éclairage tamisé par un abat-jour marron qui obstruait la luminosité des chandelles. Le salon était séparé de la salle où la musique et le claquement des talons retentissaient par un frêle rideau de vieille flanelle rouge sang. Il était meublé d’un canapé capitonné vert, d’un vert foncé qui le dépareillait des trois autres fauteuils couleur vert de gris qui entouraient un petit guéridon de bois clair.

John s’installa dans le canapé. Il pensa Lola. Et soudain, plein de Lola ! Des Lola partout ! Il posa son verre vide sur la table ronde. Cinq femmes gracieuses se jetèrent sur lui.

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Piétiné par la foule

John était étendu au sol, les yeux fermés, il n’entendait rien.

Puis il sentit sous son corps un sol froid et inégal. Des cris parvinrent à ses oreilles. Il sentit une immense masse autour de lui. Il n’osa pas ouvrir les yeux de peur de ce qu’il pouvait voir. Mais la foule, d’abord stagnante, le piétina. Les cris violents et sourds furent de plus en plus forts. Le sol dur et froid le fit frissonner. Il n’en put plus. Dans un effort qui l’épuisa, il ouvrit les yeux. De part et d’autre de son corps étendu sur les pavés, une foule criait aux portes d’un bâtiment classique en forme de H entouré d’un jardin, touche de verdure dans ce dédale de maisons sales et insalubres. Un homme, petit, maigre, habillé pauvrement et hurlant, marcha sur son abdomen. John cria aussi mais son cri fut étouffé par celui de l’homme et de la foule.

Avec douleur, il se leva. Il avisa une femme près de lui. « Où sommes-nous ? » questionna l’adolescent en pensant que cette femme brune, d’une vingtaine d’années seulement, ressemblait à Lola. « Devant le Palais Royal ! » lui répondit-elle d’un ton enthousiaste. « Devant quoi ? » « Le Palais Royal ! » répéta plus fort la jeune fille. Cette longue chevelure brune au reflet châtain sous la lumière, ce nez long et fin, ces grands yeux verts, sa taille, cette démarche très féminine… Lola ?

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Le peuple était en colère

John invoqua la déesse Lola. Sans doute ne l’entendit-elle pas, car il fut certes projeté dans une autre époque, dans un autre lieu, mais c’était encore au cœur d’un drame. Le peuple était en colère. Il n’aimait pas. Oh non, il n’aimait pas ! Cela faisait plus d’une heure que les représentants du peuple étaient entrés dans le bâtiment. La foule commençait à s’agiter. Soudain, un cri au loin :

- Ils sont prisonniers !

C’était le forgeron de la troisième maison à gauche de l’église Saint François-Xavier. Il en était sûr, le forgeron, car sinon, ils n’auraient pas été si longs. La vérité, disait un autre : ils avaient tout simplement été invités à manger à la maison du gouverneur. Le doute s’installa dans la foule. Au moment où les gens décidaient qu’il était plus sage d’attendre dehors, un éclair les aveugla, et quand ils ouvrirent les yeux, un jeune homme d’une quinzaine d’années se tenait devant la porte.

- Heu… où je suis là ?

Quelqu’un entendit : « Où je fuis, là ? » et cria :

- Il faut attaquer la prison de la Bastille !

Mince alors, j’ai encore déclenché une bataille ! En fait, John Bordas venait d’apparaître devant la porte de la Bastille, en pleine Révolution Française. En pleine bataille. Suuuuuuper.

- Eh ! Pousse-toi de là, gamin ! Tu vas te faire mal ! T’as l’air bien habillé… Tu s’rais pas de la noblesse par hasard ?

Là, John était complètement perdu.

- Heu… Non !

A ce moment-là, une explosion retentit à côté de lui et il s’évanouit.

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L'odeur âcre de la chair brûlée...

De toute façon, Nero n’était plus là.

« O Dieu Apollon, toi, O créateur du soleil, entend nos prières, prends nos offrandes… »

La pythie mit le feu aux corps des animaux sacrifiés sur l’autel. L’odeur âcre de la chair brûlée emplit l’amphithéâtre. … « Et nous t’en conjurons, répond-nous ! »

Un éclair éblouissant aveugla un instant les Grecs. Un tourbillon de lumière vive puis…

- Où suis-je ?

John Bordas, éberlué, vit des centaines d’hommes vêtus de chitons se prosterner devant lui. Une ravissante jeune femme couverte de parures se releva, s’inclina.

- Ceci est un jour nouveau. Un jour heureux, un jour de fête. Apollon nous a répondu ! Apollon est apparu ! Gare aux hérétiques ! Et vive nos dieux !

La foule en liesse se leva et scanda le nom du dieu.

- Apollon ! Apollon ! Apollon !

apollon

John salua. A ce moment-là, une procession grandiose se mit à installer un magnifique banquet de plein air. Une bouffée d’ambition pure monta en John. Après tout, qui l’empêchait de devenir un dieu pour ce peuple ? Avec une assurance nouvelle, John s’avança d’un pas, leva la main. Immédiatement, le silence se fit. Des milliers de visages adorateurs le mangeaient des yeux. Il dit :

- Peuple de Grèce, une grande menace pèse sur vous. J’ai été envoyé par les dieux pour vous prévenir et vous aider. Mais pour l’instant, l’heure est à la fête !

Une ovation éclata, des musiciens se mirent à jouer un air entrainant. Jusque tard le soir le vin coulerait à flots, les grands feux de bois éclaireraient la danse de lueurs sanglantes. Un corbeau cria au loin… et le massacre commença. Des cavaliers noirs au blason rouge sang déferlèrent dans l’amphithéâtre. John, terrorisé, saisit une bûche, l’enflamma et la jeta au loin. Elle tomba sur un tonneau de vin éventré. L’enfer se déchaîna. Les flammes hautes et vives dévorèrent tout sur leur passage. L’odeur âcre de la chair brûlée se répandit parmi les cris de peur et de souffrance.

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Un empereur nommé Néron

John se dirigea vers la fenêtre et fut ébloui par le panorama. A ce moment-là, un homme déboula dans la pièce. Il était bien coiffé, grand, beau et élégant, bien qu’il eut quelques kilos en trop. Quelque chose se dégageait de cette personne, une sorte de prestance royale. Stupéfait, John reconnut en cet homme intimidant le fou qu’il avait sauvé des flammes quelques heures plus tôt ! Après quelques instants pendant lesquels les deux drôles de personnages se dévisagèrent, Néro dit :

- Qui es-tu ? Un esclave, un gladiateur, ou autre chose ?

- Heu…

- Tu peux tout me dire, tu m’as sauvé la vie, je te jure que même si tu es un esclave qui s’est enfui, je te rachèterai, te donnerai la liberté et ferai de toi un homme riche. Dis-moi, qui est ton maître ?

- Non, non, je ne suis pas un esclave ! Juste un voyageur, qui vient de loin. Mais… toi, qui es-tu ? Tu sembles riche, t’as des gardes qui viennent te récupérer, alors, t’es qui ? Un bourgeois ?

- Tu dois vraiment venir de loin pour ignorer qui je suis après avoir entendu mon nom, cela faisait longtemps que je n’avais pas croisé de gens comme toi, dit Nero avec le sourire. Sais-tu seulement où tu te trouves ?

- Non, répondit John.

- Tu te trouves à Rome, capitale du plus grand empire au monde, ma ville. Je suis Nero, l’empereur.

John pâlit, il murmura ; « Néron ». Ses lointains souvenirs de l’époque où il écoutait encore en cours lui permirent de se rappeler qu’au temps de l’empire romain, un empereur nommé Néron (Nero en latin) avait mit Rome à feu et à sang… Ou alors ça se passait en Grèce ? Finalement, il ne savait plus.

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lundi, juin 20 2011

"qu'il me suive..."

John était ébahi. Il se trouvait dans une grande chambre avec un lit immense. Peu de temps après avoir sauvé la vie de Nero, des gardes avaient débarqué dans la rue. Ils avaient hissé Nero sur une litière. Au moment de partir, Nero avait dit :

- Donnez-lui un cheval et qu’il me suive.

Deux soldats lui avaient alors amené une espèce de monstre qui ressemblait de très (très, très) loin à un cheval. Avec l’aide des gorilles de Nero, il était parvenu à monter en selle ; après plusieurs chutes plus ou moins ridicules et acrobatiques, ils étaient arrivés devant un palais. Quand il était descendu du cheval, un serviteur était venu le chercher et l’avait conduit à la chambre… où il se trouvait actuellement.

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