Le lendemain matin, elles retrouvèrent Nick à l’endroit convenu, une cabane à l’orée du bois. A la vue de Nick, Lemay rougit. Il lui semblait encore plus beau que la dernière fois. Gaïa rougit aussi. Pourtant, Nick ne leur jeta pas un regard. Qu’avaient-elles fait ou plutôt que fallait-il faire pour attirer son attention ? Elles n’eurent pas le temps de réfléchir, il leur demanda d’un ton agressif :

- Bon, alors, pourquoi m’avez-vous fait venir ?

- C’est à propos de mon petit cop… euh, de mon copain Xavier, dit Lemay, on ne le voit plus depuis quelques temps.

- Vous m’avez fait venir pour ça ?! Et puis je ne le connais même pas ton Xavier ! Et puis je ne suis pas Mère Térésa, moi !

Nick commençait à s’énerver. Ca commençait mal.

- Mais, Nick, nous avons besoin de toi !

Après maintes réflexions, Nick céda :

- Bon, d’accord, mais à une condition : dès qu’on l’aura retrouvé, vous me ficherez la paix.

- Hum… d’accord.

- Et, en plus… je veux être payé.

Choquée, Lemay s’exclama :

- Mais attends, là, ça fait deux conditions ! 

- Eh oui, c’est vous qui choisissez.

- Ok, mais j’espère vraiment que tu nous aideras !

Sur cette phrase, Nick lança un clin d’œil et partit en… lançant :

- Bon, on en reparle demain. Bye !

              Les filles ne bougeaient plus d’un cil. Elles étaient, autant l’une que l’autre, sous le charme. Elles se regardèrent soudain et mal à l’aise balbutièrent des mots sans importance. Gaïa voyait bien que Nick plaisait à sa copine mais il lui plaisait aussi. Cela allait être tendu.

              Soudain, les deux filles crièrent en cœur : Niiiiiiiiiiiick !!!!

- Ok, par où on commence ? Tes parents sont détectives… Demande-leur ce qu’ils font lorsqu’ils recherchent des disparus.

- Non, je ne veux impliquer personne d’autre dans cette « enquête », on ne sait jamais… Peut-être que je m’inquiète pour rien… Et puis, mes parents m’ont appris certains trucs !

- Comme ? Demanda Nick.

- J’ai appris qu’avoir des contacts avec des gens pas très recommandables peut vous faire gagner plusieurs jours, ce qui, lors d’une disparition, peut se révéler déterminant.

- Très bien, lança Gaïa, prenant le contrôle des opérations. Nick ! Tu resteras avec Lemay pour la protéger pendant qu’elle rencontre ses « contacts », prépare-toi. Lemay, indique-moi sur un plan tous les endroits où Xavier se rendait souvent !

- Pourquoi je dois aller avec elle ? Se plaignit Nick.

- Parce que si elle disparait aussi, tu perds définitivement ta réputation de héros.

Je n’ai jamais été amoureuse. Même le mot « amour » ne signifie rien pour moi… enfin, je pense… Ma vie se résume à une solitude meurtrière. Pourquoi n’ai-je jamais ressenti cette sensation ? Parce que, tout simplement, les tueurs à gage n’ont pas le droit d’avoir des sentiments. C’est comme ça ! Sinon, on s’attache à la personne, et si on découvre un jour qu’il faut la tuer, on ne peut pas : les sentiments sont là, et on ne peut pas en faire abstraction. Mais le problème est là : Nick. Il hante mes pensées, du matin au soir, du soir au matin. Pas un regard, pas un sourire, et cette indifférence me donne encore plus envie… Mais de quoi ? De l’embrasser ? De le toucher ? De le caresser ? Tout ça à la fois.

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