C’est… ça, Saint Antonin ?

- Encore désolée Yuuki, de ne pas pouvoir te garder… Je suis vraiment désolée, s’excusa platement la mère de Yakarire. Pendant ton séjour au centre, je te chercherai une famille d’accueil adaptée.

- Non, non ! Ne vous inquiétez pas ! voulut la rassurer la jeune fille en rougissant. Cela faisait plus de dix ans qu’elle vivait avec eux, et elle n’était toujours pas capable de la tutoyer.

- C’est pooouuurrriii, Saint Antonin. Y’a que des vieille baraques ! S’insurgea Yakarire. Ma vieille, tu vas t’en faire, des montagnes, parc’que y’en a un paquet rien qu’aux alentours. Bonne chance !

- Ah ! Euh… Merci ! balbutia Yuuki, gênée mais toujours souriante.

- Jacques ! Surveille ton langage, le gronda sa mère. Surtout que Saint Antonin est un très beau village historique, avec de belles pierres. Profites-en pour te cultiver, parce que c’est ce qu’il te manque. De la CU-RIO-SI-TE ! martela-t-elle. Et toi, ma petite Yuuki, tu aimes ?

- Euh… Oui, j’aime bien, dit-elle, ne voulant pas contrarier cette mère à forte personnalité.

Mère. Maman. Des types en noir. Les corbeaux. La mort. Et « l’autre ». Yuuki refoula difficilement ses sombres pensées. De ses yeux, même onze ans après, perlaient des larmes de détresse. Yakarire connaissait bien cette expression. Il prit sa meilleure amie par le bras et dit gentiment : « Viens Yuuki, on y va… » La jeune fille se laissa emmener docilement, comme à son habitude. Elle ne contrariait jamais personne. Conciliante. Douce. Gentille.

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